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Glossaire Juridico-Pénal
Termes techniques employés tout au long de nos pages Spécialités et Délits, définis en langage clair et classés par ordre alphabétique. Chaque entrée renvoie à la page où la question est traitée en profondeur.
A
- Agent infiltré et agent provocateur
- L'agent infiltré (art. 282 bis du Code de procédure pénale espagnol, LECrim) enquête licitement sur des faits délictueux déjà en cours, sans participer à leur déclenchement ni inciter à leur commission. L'agent provocateur, en revanche, est celui qui prend l'initiative criminelle et détermine la commission d'un délit qui, autrement, ne se serait pas produit ; son intervention entraîne la nullité de la procédure. Voir : Trafic International de Stupéfiants →
- Épuisement des voies de recours internes
- Condition de recevabilité d'une requête devant la Cour européenne des droits de l'homme (art. 35.1 de la Convention) : avant de saisir Strasbourg, il est nécessaire d'avoir épuisé la voie judiciaire ordinaire espagnole et, le cas échéant, le recurso de amparo (recours en protection des droits fondamentaux) devant le Tribunal constitutionnel. Voir : Procédures devant la CEDH →
- Alevosía (traîtrise aggravante)
- Circonstance qui aggrave l'homicide en assassinat lorsque l'auteur emploie des moyens, modes ou formes objectivement propres à assurer le résultat, en supprimant les possibilités de défense de la victime. La jurisprudence distingue l'alevosía proditoria (guet-apens ou piège préalable), la soudaine ou inopinée (attaque imprévue et brusque) et celle de vulnérabilité (profitant d'une situation de dénuement absolu de la victime). Voir : Homicides et Assassinats →
- Ancrage (en matière d'extradition)
- L'enracinement familial, professionnel et social de la personne réclamée en Espagne ne constitue pas, en soi, une cause légale de refus d'extradition. Il opère comme critère de pondération dans les mesures conservatoires de l'art. 505 de la LECrim (pour demander la mise en liberté provisoire ou son remplacement par des mesures moins contraignantes), mais non comme motif d'opposition au fond de l'extradition. Voir : Spécialiste en Extraditions →
- Autoblanchiment
- Modalité de blanchiment de capitaux dans laquelle l'auteur même du délit préalable réintègre l'argent obtenu dans le circuit légal. Elle exige une intentionnalité spécifique : il ne suffit pas de posséder, d'utiliser ou de convertir des biens d'origine illicite ; il faut que soit présente la finalité spécifique de les intégrer dans le trafic économique légal, dans le respect du principe selon lequel nul ne peut être sanctionné deux fois pour les mêmes faits. Voir : Délits de Blanchiment de Capitaux →
- Entraide judiciaire internationale
- Mécanisme de coopération entre autorités judiciaires de différents pays pour la réalisation d'actes d'enquête (identification des titulaires de comptes, réquisitions adressées à des plateformes, interception de communications) lorsque l'affaire comporte des éléments situés hors d'Espagne. Voir : Cybercriminalité et Délits liés aux Crypto-actifs →
B
- Bénéfice économique direct ou indirect
- Élément du délit de propriété intellectuelle (art. 270.1 du Code pénal) qui a remplacé l'ancien « animus lucrandi » : il exige que le bénéfice obtenu par l'auteur de l'infraction soit réel et établi par des éléments objectifs, et non simplement hypothétique. Voir : Propriété Intellectuelle et Industrielle →
- Business judgment rule
- Critère de défense applicable aux décisions d'entreprise prises dans le cadre des pouvoirs légaux de l'administrateur, même si le résultat final s'avère erroné ou préjudiciable : la simple existence d'un mauvais résultat ne transforme pas automatiquement la décision en gestion déloyale si elle a été adoptée dans la marge de discrétion entrepreneuriale. Voir : Avocats en Droit Pénal Économique →
C
- Chaîne de conservation des preuves
- Contrôle de la régularité d'une preuve matérielle depuis sa saisie (par exemple, drogue ou dispositifs informatiques) jusqu'à son expertise, en passant par la pesée et le scellé. Sa rupture peut entraîner l'exclusion de la preuve, bien que de simples irrégularités formelles qui ne compromettent pas l'identité ou l'intégrité de l'objet saisi ne suffisent pas, à elles seules, à cet effet. Voir : Spécialistes des Délits de Trafic de Stupéfiants →
- Corruption (propre et impropre)
- Délit contre l'Administration publique dans lequel un fonctionnaire sollicite ou accepte un avantage indu. La corruption propre vise un acte contraire aux devoirs de la charge ; l'impropre vise un acte que le fonctionnaire devait de toute façon accomplir. C'est un délit de simple activité : la seule acceptation de la promesse d'un avantage futur consomme déjà le délit, sans qu'il soit nécessaire que celui-ci soit effectivement remis. Voir : Délits contre l'Administration Publique →
- Commission de contrôle des fichiers d'Interpol (CCF)
- Organe indépendant chargé de veiller à ce que le traitement des données personnelles dans les systèmes d'Interpol respecte son Statut et son Règlement sur le traitement des données. Elle peut être saisie pour demander l'accès, la rectification ou la suppression d'une notice rouge ou d'une diffusion, ainsi que des mesures provisoires urgentes de blocage temporaire. Voir : Notices Rouges d'Interpol →
- Commission rogatoire
- Instrument classique de l'entraide judiciaire internationale (art. 177 de la LECrim) par lequel un juge espagnol demande à l'autorité judiciaire d'un autre pays de procéder à un acte d'enquête hors du territoire espagnol, lorsqu'un instrument européen plus rapide, comme la décision d'enquête européenne, n'est pas applicable. Voir : Droit Pénal International →
- Compliance pénal (conformité pénale)
- Système de contrôle interne d'une entreprise — identification des risques, protocoles de décision, un organe de surveillance doté de pouvoirs autonomes, un canal de signalement, un système disciplinaire et sa révision périodique — dont l'existence et l'efficacité réelle peuvent constituer une cause d'exonération de la responsabilité pénale de la personne morale. Voir : Avocats en Droit Pénal Économique →
- Condition de recevabilité (délits de droit des sociétés)
- Exigence procédurale, prévue à l'art. 296 du Code pénal, selon laquelle certains délits de droit des sociétés ne sont poursuivables que sur plainte préalable de la personne lésée, sauf s'ils affectent des intérêts généraux ou une pluralité de personnes ; à défaut d'une telle plainte, la procédure doit être classée sans suite. Voir : Accords Abusifs en Assemblée des Associés →
D
- Diffusion d'Interpol (diffusion)
- Équivalent décentralisé de la notice rouge : elle est publiée directement par le Bureau central national du pays demandeur, sans l'examen préalable de conformité que le Secrétariat général d'Interpol réalise sur les notices rouges proprement dites. Voir : Notices Rouges d'Interpol →
- Dispense de l'obligation de témoigner (art. 416 de la LECrim)
- Droit qui dispense de témoigner celui qui est ou a été uni à la personne mise en cause par un lien matrimonial ou une relation affective analogue. Le Tribunal Supremo (Cour suprême espagnole) a déclaré que ce droit est incompatible avec la position de la plaignante elle-même en tant que victime des faits, et depuis la Loi organique 8/2021, il est exclu si le témoin a déjà accepté de témoigner après avoir été informé de son droit ou s'il est constitué partie civile. Voir : Violences Conjugales et Domestiques →
- Détournement de fonds (distracción de dinero)
- Comportement typique de l'abus de confiance portant sur de l'argent reçu en dépôt : il n'exige pas de l'incorporer au patrimoine propre au sens strict, mais de lui donner une destination définitive différente de celle convenue, avec vocation de permanence. Voir : Détournement de Fonds en Dépôt →
- Double incrimination (principe de)
- Principe qui exige que le fait pour lequel une personne est réclamée constitue un délit tant dans l'État requérant qu'au regard du Code pénal espagnol, la simple coïncidence nominale du délit ne suffisant pas : une correspondance substantielle des éléments objectifs et subjectifs de l'infraction entre les deux ordres juridiques est requise. Voir : Spécialiste en Extraditions →
- Dol antécédent et dol survenu (subsequens)
- Distinction utilisée pour différencier l'escroquerie de la simple inexécution contractuelle : si l'intention de ne pas exécuter existait déjà au moment de contracter (dol antécédent), il y a escroquerie ; si cette intention naît après la formation du contrat (dol subsequens), il s'agit d'un simple manquement civil sans pertinence pénale. Voir : Escroqueries et Fraudes Commerciales →
- Dol éventuel
- Forme de dol, admise par le Tribunal Supremo dans le délit comptable de l'art. 310 du Code pénal, dans laquelle l'auteur ne recherche pas directement le résultat prohibé mais est conscient de sa forte probabilité et agit malgré tout en acceptant cette possibilité. Voir : Délit Comptable Fiscal →
- Dol de faux (dolo falsario)
- Conscience et volonté qu'un document altéré ou simulé produise des effets comme s'il était authentique dans les relations juridiques, sans l'être réellement ; élément subjectif exigé dans les délits de faux documentaire. Voir : Spécialistes en Faux Documentaires →
E
- Élément de mensonge (elemento de mendacidad)
- Exigence jurisprudentielle en matière de délit fiscal selon laquelle le simple non-paiement d'une dette fiscale ne suffit pas à caractériser le délit : une manœuvre de dissimulation ou de distorsion de la base imposable est en outre nécessaire. Voir : Spécialistes des Délits de Fraude Fiscale →
- Recel et entrave à la justice (encubrimiento)
- Délit qui protège l'Administration de la justice, en sanctionnant celui qui, ayant connaissance d'un délit et sans y avoir participé comme auteur ou complice, intervient après coup en aidant les responsables à profiter du bénéfice de l'infraction, en dissimulant les effets ou instruments du délit, ou en les aidant à échapper à l'enquête. Voir : Recel et Entrave à la Justice →
- Engaño bastante (tromperie suffisante)
- Norme exigée dans le délit d'escroquerie pour apprécier si la tromperie employée était suffisante pour provoquer l'erreur de la victime. Ce n'est pas un modèle abstrait unique : elle se mesure selon le niveau du destinataire réel de la tromperie, sans exiger la même vigilance d'un expert en investissement que d'une personne peu formée en matière financière. Voir : Escroqueries et Fraudes Commerciales →
- Ensañamiento (cruauté aggravante)
- Circonstance qui aggrave l'homicide en assassinat (art. 139.1.3ª du Code pénal) lorsque deux éléments concourent : l'un objectif (causer des maux objectivement inutiles au résultat, la victime étant consciente) et l'autre subjectif (volonté délibérée d'accroître la souffrance de la victime). Voir : Homicides et Assassinats →
- Livraisons surveillées
- Technique d'enquête en matière de trafic de stupéfiants, coordonnée avec des agences étrangères, Europol et Eurojust, licite lorsque la police espagnole se limite à enquêter sur des faits déjà en cours, sans participer à l'envoi de la substance ni inciter à sa commission. Voir : Spécialistes des Délits de Trafic de Stupéfiants →
- Spécialité (principe de)
- Règle selon laquelle, une fois accordée la remise d'une personne réclamée, l'État requérant ne peut la juger que pour les faits concrets ayant motivé la demande d'extradition, sauf si la personne remise y consent expressément ou si l'État requis autorise ultérieurement sa poursuite pour d'autres faits. Voir : Spécialiste en Extraditions →
- Extradition active
- Procédure dans laquelle c'est l'État espagnol lui-même qui demande à un autre pays la remise d'une personne poursuivie, mise en cause ou condamnée qui se trouve hors de son territoire, de nature mixte — judiciaire à l'origine, gouvernementale dans son déroulement extérieur —, régie par les art. 824 à 833 de la LECrim. Voir : Extradition Active →
- Extradition passive
- Procédure dans laquelle un État tiers adresse à l'Espagne une demande de remise d'une personne localisée sur le territoire espagnol ; elle concentre les garanties les plus étendues du système extraditionnel et est régie par la Loi 4/1985 relative à l'extradition passive, sauf application du mandat d'arrêt européen. Voir : La Procédure d'Extradition Passive →
- Extraneus
- Personne qui, sans réunir la qualité spéciale exigée par un delito especial propio (délit spécial propre, réservé à certains sujets qualifiés comme administrateur, fonctionnaire ou auditeur), peut néanmoins répondre pénalement en tant qu'instigateur, coauteur nécessaire ou complice de ce délit. Voir : Falsification de Comptes et Fraude des Auditeurs →
G
- Groupe criminel
- Figure résiduelle et de moindre gravité pénale que l'organisation criminelle (art. 570 ter du Code pénal) : elle n'exige pas la même stabilité dans le temps ni la même structure hiérarchique que celle-ci, bien qu'elle suppose une certaine coordination entre ses membres pour commettre des délits. Voir : Terrorisme et Organisation Criminelle →
J
- Juridiction extraterritoriale
- Capacité des tribunaux espagnols à connaître de faits délictueux commis hors du territoire national, comme des interceptions en eaux internationales, sur le fondement de l'art. 23.4 de la LOPJ (Loi organique du pouvoir judiciaire) en relation avec des traités internationaux tels que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 ou la Convention de Vienne de 1988. Voir : Trafic International de Stupéfiants →
- Justice universelle (principe de)
- Principe, prévu à l'art. 23.4 de la LOPJ après sa réforme par la Loi organique 1/2014, qui permet aux tribunaux espagnols de connaître de certains délits à portée internationale (génocide, crimes contre l'humanité, terrorisme, piraterie, trafic de stupéfiants, traite des êtres humains, entre autres), indépendamment du lieu de commission, dans le cadre d'un régime déjà restreint depuis la réforme. Voir : Droit Pénal International →
L
- Fausse clé
- Concept normatif, et non littéral, de l'art. 239 du Code pénal : tout matériau ou mécanisme servant à ouvrir ou fermer sans provoquer de rupture, ce qui assimile aux clés traditionnelles les cartes magnétiques ou perforées, les télécommandes et tout instrument technologique similaire. Sont également considérées comme fausses clés les clés légitimes perdues par leur propriétaire ou obtenues par un moyen constitutif d'infraction pénale. Voir : Vols avec Effraction et Vols Simples →
M
- Malversation (détournement de fonds publics)
- Délit contre l'Administration publique (art. 432 à 435 du Code pénal) qui, après la réforme de la Loi organique 14/2022, a remplacé le verbe « soustraire » par « s'approprier », exigeant un but lucratif et une disponibilité effective des fonds publics de la part de l'auteur. Voir : Délits contre l'Administration Publique →
- Mixers (mélangeurs de crypto-actifs)
- Services qui rompent la traçabilité des opérations en cryptomonnaies en répartissant automatiquement les fonds entre des adresses aléatoires. Leur usage n'est pas illicite en soi, mais constitue un indice sérieux dans l'enquête sur le blanchiment de capitaux lorsqu'il se combine à d'autres éléments. Voir : Blanchiment via Cryptomonnaies →
- Mule (ou cybermule) bancaire
- Personne qui prête son compte bancaire pour recevoir de l'argent d'origine délictueuse, le retransférant ensuite moyennant une commission. Sa responsabilité pénale oscille entre la complicité nécessaire d'escroquerie, le recel et, le plus souvent, le blanchiment par imprudence grave lorsqu'existait un soupçon raisonnable, sans connaissance certaine, de l'origine illicite de l'argent. Voir : Escroqueries Informatiques →
- Multirécidive (vol simple léger)
- Circonstance introduite par la Loi organique 9/2022 (art. 234.2 du Code pénal) : si l'auteur d'un vol simple léger a été condamné définitivement au moins pour trois délits de même nature, sans antécédents effacés, le nouveau vol léger cesse d'être sanctionné par une amende et se voit appliquer la peine du type de base du vol simple. Voir : Vols avec Effraction et Vols Simples →
N
- Nationalité espagnole (obstacle à l'extradition)
- L'art. 3.1 de la Loi 4/1985 empêche, en règle générale, l'extradition de citoyens espagnols, sauf si la nationalité a été acquise frauduleusement dans le but d'empêcher la remise — fraude qui, selon le Tribunal constitutionnel, doit se rattacher à l'acquisition même de la nationalité, et non à son usage postérieur. Voir : Spécialiste en Extraditions →
- Non-refoulement (principe de)
- Principe, prévu à l'art. 33.1 de la Convention de Genève de 1951, à l'art. 5 de la Loi 12/2009 et à l'art. 3 de la CEDH, qui interdit de renvoyer, d'expulser ou d'extrader une personne vers un pays où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social déterminé ou de ses opinions politiques, ou où existerait un risque réel de torture ou de traitements inhumains ou dégradants. Voir : Asile et Protection face à l'Extradition →
- Notice rouge d'Interpol
- Demande que le Secrétariat général d'Interpol diffuse, à la requête du Bureau central national d'un pays membre, afin que les forces de l'ordre du monde entier localisent et arrêtent provisoirement une personne dans l'attente de son extradition ou de sa remise, après un examen préalable de conformité réalisé par le Secrétariat général lui-même. Voir : Notices Rouges d'Interpol →
- Notoire importance (stupéfiants)
- Circonstance aggravante du délit de trafic de stupéfiants (art. 369 du Code pénal) relative à la quantité de substance saisie. L'accord de l'assemblée plénière non juridictionnelle du Tribunal Supremo (Cour suprême espagnole) du 19 octobre 2001 a fixé comme référence les cinq cents doses de consommation quotidienne de chaque substance concrète, en s'appuyant sur un rapport de l'Institut national de toxicologie. Voir : Substances Hautement Nocives →
O
- Mandat d'arrêt européen (MAE)
- Instrument de coopération judiciaire au sein de l'Union européenne qui remplace la procédure classique d'extradition entre États membres, fondé sur le principe de reconnaissance mutuelle entre autorités judiciaires (décision-cadre 2002/584/JAI et Loi 23/2014 du 20 novembre). Sa procédure est plus brève que l'extradition classique, la décision relève exclusivement de l'autorité judiciaire — sans intervention gouvernementale finale — et son catalogue de motifs de refus, bien que plus réduit, préserve les garanties essentielles de la personne réclamée. Voir : La Procédure d'Extradition Passive →
- Décision d'enquête européenne
- Instrument de coopération judiciaire de l'Union européenne (directive 2014/41/UE et Loi 3/2018 du 11 juin) qui a largement supplanté la commission rogatoire classique pour la réalisation d'actes d'enquête entre États membres. Voir : Droit Pénal International →
- Organisation criminelle
- Groupement de personnes caractérisé, selon la jurisprudence, par la concurrence cumulée d'une pluralité de personnes, l'utilisation de moyens adéquats, un plan criminel préalablement concerté, une répartition des tâches, une certaine hiérarchisation et une activité persistante et durable dans le temps, avec la vocation de réaliser plusieurs opérations délictueuses distinctes et diverses — ce qui la distingue de la simple codélinquance dans un fait unique. Voir : Trafic de Stupéfiants Aggravé (Organisation et Armes) →
P
- Danger abstrait et danger concret
- Distinction structurelle entre les quatre modalités du délit comptable de l'art. 310 du Code pénal : deux d'entre elles (manquement absolu à la tenue de la comptabilité et double comptabilité) relèvent du danger abstrait, et les deux autres (non-comptabilisation d'opérations et écritures fictives) relèvent du danger concret, soumises en outre à un seuil quantitatif. Voir : Délit Comptable Fiscal →
- Personnalité active (principe de)
- Principe, prévu à l'art. 23.2 de la LOPJ, qui permet à la juridiction espagnole de connaître de faits commis hors du territoire national lorsque le responsable est espagnol (ou l'est devenu après les faits), exigeant la double incrimination, une plainte ou une constitution de partie civile, et l'absence de jugement préalable à l'étranger. Voir : Droit Pénal International →
- Personnalité passive ou principe réel (de protection)
- Principe, prévu à l'art. 23.3 de la LOPJ, qui attribue une compétence aux tribunaux espagnols lorsque sont lésés des intérêts essentiels de l'État — trahison, délits contre la Couronne, fausse monnaie, atteinte à des autorités espagnoles à l'étranger, entre autres —, sans exiger de double incrimination. Voir : Droit Pénal International →
- Forfaiture administrative (prevaricación)
- Délit (art. 404 du Code pénal) qui sanctionne le fonctionnaire ou l'autorité qui rend une décision arbitraire en sachant qu'elle est injuste. La simple illégalité ne suffit pas à caractériser le délit : il faut constater une contradiction si manifeste et grossière avec l'ordre juridique qu'elle n'admette aucune explication raisonnable. Voir : Délits contre l'Administration Publique →
- Prisión permanente revisable (réclusion à perpétuité révisable)
- Peine réservée par l'art. 140 du Code pénal aux hypothèses les plus graves d'assassinat : victime mineure de 16 ans ou particulièrement vulnérable, assassinat consécutif à un délit contre la liberté sexuelle, commission par une organisation ou un groupe criminel, ou assassinats répétés ou en série. Sa suspension exige l'accomplissement d'un minimum de 25 ans de peine effective (jusqu'à 35 ans dans les hypothèses les plus graves), le classement en troisième degré pénitentiaire et un pronostic individualisé et favorable de réinsertion. Voir : Homicides et Assassinats →
- Preuve par indices du blanchiment
- Méthode habituelle d'établissement du délit de blanchiment de capitaux en l'absence de preuve directe : elle se construit à partir d'indices tels que des augmentations patrimoniales disproportionnées, un lien avec des activités ou groupes illicites, un usage inhabituel d'espèces ou de sociétés-écrans, et la faiblesse ou l'absence d'explications licites sur l'origine des fonds, sans qu'une condamnation préalable pour le délit dont proviennent les biens soit nécessaire. Voir : Délits de Blanchiment de Capitaux →
- Point de non-retour (doctrine du)
- Critère jurisprudentiel utilisé pour différencier l'abus de confiance ou la gestion déloyale d'un simple manquement contractuel lorsque l'objet est de l'argent ou une autre chose fongible : il exige que soit atteint un moment où se manifeste une volonté définitive de ne pas remettre ou restituer le bien, ou l'impossibilité de le faire. Voir : Avocat en Abus de Confiance →
R
- Recel (receptación)
- Délit (art. 298 du Code pénal) qui sanctionne celui qui, dans un but lucratif et en connaissance de la commission d'un délit patrimonial ou contre l'ordre socio-économique auquel il n'a pas participé, aide les responsables à profiter de ses effets, ou les reçoit, les acquiert ou les dissimule. Il se distingue du blanchiment en ce que le délit préalable doit être patrimonial ou socio-économique, et en ce qu'il vise le profit personnel des effets, et non à déguiser leur origine pour les réintégrer dans le trafic économique légal. Voir : Recel →
- Réciprocité (principe de)
- Principe, prévu à l'art. 13.3 de la Constitution espagnole et applicable à titre supplétif conformément à l'art. 1 de la Loi 4/1985, qui permet l'extradition ou la coopération avec un État sans traité bilatéral ou multilatéral avec l'Espagne, la charge d'établir cette réciprocité incombant à l'État requérant. Voir : Spécialiste en Extraditions →
- Régularisation fiscale
- Excuse absolutoire de l'art. 305.4 du Code pénal qui exonère de responsabilité pénale celui qui régularise sa situation avec l'administration fiscale par la reconnaissance et le paiement complet de la dette, intérêts compris, avant que ne lui soit notifié le début d'un contrôle ou avant que le ministère public, l'avocature de l'État ou le juge ne dirigent la procédure contre lui. Voir : Spécialistes des Délits de Fraude Fiscale →
- Pertinence cassationnelle (relevancia casacional)
- Exigence, dans le pourvoi en cassation pénale, de justifier que la question soulevée dépasse le cadre de l'affaire concrète ; pour les condamnations à des peines inférieures à 5 ans, la Deuxième chambre du Tribunal Supremo peut déclarer le pourvoi irrecevable par une décision succinctement motivée si cette portée n'est pas correctement démontrée. Voir : Avocats en Cassation Pénale →
- Requisitoria (avis de recherche judiciaire)
- Demande formulée par un organe judiciaire espagnol pour la localisation et la mise à disposition d'une personne non localisée, qui peut, au niveau international, être relayée par une notice rouge ou une diffusion d'Interpol, ou par le mandat d'arrêt européen lui-même lorsque la personne concernée se trouve dans un autre État membre de l'UE. Voir : Cybercriminalité et Délits liés aux Crypto-actifs →
T
- Territorialité (principe de)
- Principe, prévu à l'art. 8.1 du Code civil et à l'art. 23.1 de la LOPJ, selon lequel la juridiction espagnole connaît des délits commis sur le territoire espagnol, indépendamment de la nationalité de leur auteur. Voir : Droit Pénal International →
- Traitement médical (coups et blessures)
- Élément qui distingue la blessure légère de celle exigeant une peine d'emprisonnement (art. 147 du Code pénal) : il doit être objectivement requis pour parvenir à la guérison — il ne suffit pas qu'il soit dispensé subjectivement — et dépasser les premiers soins comme un acte médical distinct ; la simple surveillance ou les examens de pure précaution en sont exclus. Voir : Coups et Blessures, Menaces et Contraintes →
- Triple test de la déclaration de la victime
- Critère jurisprudentiel pour apprécier si la seule déclaration de la victime peut fonder une condamnation pour délit sexuel : absence d'incrédibilité subjective (sans mobile suspect), vraisemblance (corroborée par des données objectives périphériques) et persistance dans l'incrimination (constance substantielle du récit, sans exiger de répétition littérale). Voir : Agressions et Abus Sexuels →
U
- Ubiquité (principe de)
- Principe fixé par l'accord de l'assemblée plénière non juridictionnelle de la Deuxième chambre du Tribunal Supremo du 3 février 2005 : le délit est commis dans toutes les juridictions où un élément constitutif de l'infraction a été réalisé, ce qui permet d'enquêter et de juger en Espagne des délits informatiques ou des escroqueries aux crypto-actifs commis avec des connexions dans différents pays. Voir : Cybercriminalité et Délits liés aux Crypto-actifs →
V
- Vidage patrimonial
- Modalité de gestion déloyale consistant en la vente d'actifs sociaux à des personnes ou sociétés apparentées pour un prix manifestement inférieur à celui du marché, au préjudice de la société et de ses associés ou créanciers. Voir : Disposition Frauduleuse de Biens Sociaux →