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Marques, brevets et piraterie numérique

Propriété Intellectuelle et Industrielle à Marbella

Texte

Délits contre la propriété intellectuelle et industrielle (marques et brevets)

Les délits contre la propriété intellectuelle et industrielle protègent deux droits de nature proche mais régis par des dispositions distinctes du Code pénal — les articles 270 à 272 pour les œuvres de l'esprit et les articles 273 à 277 pour les marques, brevets et autres signes distinctifs — avec une intense projection pratique qui va de la piraterie numérique de contenus audiovisuels à la vente ambulante de produits contrefaits. Chez RAKH ABOGADOS, nous intervenons dans cette matière tant en défense de la personne mise en cause qu'en représentation du titulaire des droits lésés, avec l'analyse technique et l'expertise que chaque modalité exige.

Propriété intellectuelle : le type de base et le « bénéfice économique direct ou indirect »

L'article 270.1 du Code pénal punit quiconque, dans le but d'obtenir un bénéfice économique direct ou indirect et au préjudice d'un tiers, reproduit, plagie, distribue, communique publiquement ou exploite économiquement de toute autre manière une œuvre ou une prestation littéraire, artistique ou scientifique sans l'autorisation de ses titulaires. La réforme de 2015 a remplacé le classique « but lucratif » par cette formule plus large, précisément pour englober les portails internet qui, sans facturer directement l'accès aux contenus, obtiennent un bénéfice indirect par la publicité. La jurisprudence exige néanmoins que ce bénéfice — direct ou indirect — soit réel et établi par des éléments objectifs, et non purement hypothétique : l'absence de tout avantage patrimonial, comme dans le cas de l'échange de fichiers au sein d'un groupe fermé sans publicité ni contrepartie, exclut la responsabilité pénale, sans préjudice de l'éventuelle infraction civile aux droits d'auteur.

Les limites de l'objet protégé : le cas des retransmissions sportives

L'une des questions ayant eu le plus de répercussions pratiques ces dernières années a été celle de savoir si la retransmission non autorisée de rencontres sportives peut constituer un délit contre la propriété intellectuelle. L'assemblée plénière de la Chambre criminelle du Tribunal Supremo a tranché cette question par la négative :

« ...la qualification des rencontres sportives d'"œuvre" ou de… "prestation" artistique… doit être rejetée, car… on ne peut interpréter que ces séquences… bénéficient de la protection accordée par l'article 270.1 du Code pénal. »

Tribunal Supremo, assemblée plénière de la Chambre criminelle, STS 546/2022, du 2 juillet 2022

Cette doctrine, réitérée dans la STS 581/2023, s'avère déterminante dans la défense de plateformes et de particuliers accusés de retransmettre des rencontres sportives sans autorisation : le match de football ne constituant pas une œuvre ou une prestation littéraire, artistique ou scientifique au sens de l'article 270.1 du Code pénal, cette conduite échappe à ce type pénal, sans préjudice de son éventuel rattachement au délit d'usurpation de services d'accès conditionnel de l'article 286 du Code pénal lorsque ses propres éléments constitutifs sont réunis, figure de nature et d'exigence probatoire distinctes.

Le type aggravé (art. 271 CP) et le sous-type atténué de vente ambulante

L'article 271 du Code pénal porte la peine jusqu'à six ans de prison lorsque le bénéfice obtenu revêt une importance économique particulière, lorsque les faits présentent une gravité particulière en raison du volume des œuvres concernées, lorsque le coupable appartient à une organisation se consacrant à ces activités, ou lorsque des mineurs sont mis à contribution. À l'inverse, l'article 270.4 du Code pénal prévoit un régime spécifique et plus clément pour la distribution ou la commercialisation ambulante ou purement occasionnelle — le phénomène connu sous le nom de « top manta » (vente à la sauvette de produits contrefaits sur des bâches déployées au sol) —, avec une peine de six mois à deux ans, que le juge peut remplacer par une amende ou des travaux d'intérêt général, compte tenu des caractéristiques du coupable et du faible montant du bénéfice obtenu, à condition qu'aucune des circonstances aggravantes de l'article 271 du Code pénal ne soit réunie.

Propriété industrielle : le délit de marques de l'art. 274 CP

L'article 274 du Code pénal punit quiconque, à des fins industrielles ou commerciales, sans le consentement du titulaire d'un droit de propriété industrielle enregistré conformément à la législation sur les marques, fabrique, produit, importe, détient, stocke, propose ou commercialise des produits incorporant un signe distinctif identique ou susceptible d'être confondu avec celui-ci. Un arrêt récent du Tribunal Supremo a précisé que, pour l'application de ce type pénal, il n'est pas nécessaire d'établir un risque réel de confusion chez le consommateur, exigence propre à la protection purement civile de la marque, car la protection pénale — de nature distincte, orientée vers la sauvegarde du droit exclusif du titulaire enregistré face à la contrefaçon — s'applique indépendamment du fait que l'acheteur ait su ou non qu'il acquérait un produit non original. Ce critère élargit considérablement le champ d'application du type pénal par rapport à la protection strictement civile, et impose à la défense de concentrer ses efforts sur d'autres éléments constitutifs : l'établissement effectif de l'enregistrement de la marque conformément à la législation applicable et la finalité industrielle ou commerciale de la conduite.

La vente ambulante de produits contrefaits : le « top manta » industriel

Comme en matière de propriété intellectuelle, l'article 274.3 du Code pénal prévoit un régime atténué et spécifique pour la vente ambulante ou occasionnelle de produits incorporant des signes distinctifs contrefaits, avec une peine sensiblement inférieure à celle du type de base et une possibilité de substitution par une amende ou des travaux d'intérêt général. Ce phénomène, d'une importance pratique considérable dans les grandes villes espagnoles, exige une analyse minutieuse des circonstances personnelles du vendeur — souvent des personnes en situation de vulnérabilité sociale ou migratoire — et du faible poids économique de l'activité, éléments que nous travaillons de façon systématique pour obtenir la qualification la plus favorable dans le cadre légal disponible.

Notre stratégie de défense

  • Contestation du bénéfice économique : nous établissons, lorsque cela est pertinent, l'absence d'un bénéfice direct ou indirect réel, excluant ainsi l'élément subjectif exigé par le type en matière de propriété intellectuelle.
  • Contrôle de l'objet protégé : nous vérifions si le contenu ou la prestation en cause revêt réellement la nature d'œuvre littéraire, artistique ou scientifique exigée par l'article 270.1 du Code pénal.
  • Établissement de l'enregistrement et de la finalité commerciale en matière de marques : nous exigeons la preuve effective de l'enregistrement de la marque et analysons si la conduite répond réellement à une finalité industrielle ou commerciale.
  • Application des sous-types atténués : nous travaillons la qualification de distribution ambulante ou occasionnelle lorsque les circonstances du client et le faible poids de l'activité le permettent.
  • Représentation du titulaire des droits : nous articulons la plainte avec constitution de partie civile, l'acusación particular (l'accusation privée, exercée par la victime aux côtés du ministère public dans la procédure pénale espagnole) et la demande de responsabilité civile conformément à la loi sur la propriété intellectuelle ou à la législation sur les marques.

Faites-vous face à une accusation pour atteinte aux droits de propriété intellectuelle ou industrielle, ou êtes-vous titulaire d'une marque, d'un brevet ou d'une création touchée par une contrefaçon ? La qualification technique correcte de ces délits, en constante évolution jurisprudentielle, est déterminante. Chez RAKH ABOGADOS, nous défendons vos intérêts avec rigueur dans toute l'Espagne.

Ressources connexes

Questions fréquentes, glossaire et comparatifs

Questions fréquentes

Est-il délictueux de retransmettre des matchs de football sur internet sans autorisation ?

Voir la réponse dans la Foire aux questions →

Glossaire

Bénéfice économique direct ou indirect

Élément constitutif du délit de propriété intellectuelle (art. 270.1 CP) qui a remplacé l'ancien « but lucratif » : il exige que le bénéfice obtenu par l'auteur de l'infraction soit réel et établi par des éléments objectifs, et non purement hypothétique.

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