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Dernier recours devant Strasbourg

Procédures devant la CEDH depuis Marbella

Texte

Procédures devant la Cour européenne des droits de l'homme

La Cour européenne des droits de l'homme, dont le siège se trouve à Strasbourg, constitue le dernier recours disponible pour toute personne estimant que ses droits fondamentaux ont été violés par les autorités espagnoles et que cette violation n'a pas été réparée par les juridictions internes, y compris le Tribunal constitutionnel. Il s'agit d'une voie extraordinairement exigeante quant à ses conditions formelles de recevabilité — la Cour déclare irrecevables plus de quatre-vingt-dix pour cent des requêtes qu'elle reçoit — et d'une pertinence pratique croissante, dans la mesure où un arrêt de condamnation de Strasbourg peut aujourd'hui entraîner la révision d'une condamnation pénale définitive prononcée en Espagne.

Chez RAKH ABOGADOS, nous assumons la préparation de ces requêtes avec la rigueur technique qu'exige une juridiction qui applique ses critères de recevabilité avec une extraordinaire exigence.

1. La subsidiarité de la CEDH : elle n'est pas une « quatrième instance »

La Cour de Strasbourg ne réexamine ni l'appréciation des preuves ni l'interprétation du droit interne réalisée par les juridictions espagnoles : sa fonction se limite à examiner si, dans le cas concret, il y a eu violation de l'un des droits reconnus par la Convention européenne des droits de l'homme et ses Protocoles. L'article 35 § 1 de la Convention exige, comme condition incontournable de recevabilité, l'épuisement préalable de toutes les voies de recours internes disponibles et effectives. Dans le cas de l'Espagne, cela implique en règle générale d'avoir épuisé la voie judiciaire ordinaire correspondante et, lorsque le droit invoqué est susceptible de faire l'objet d'un recurso de amparo (recours en amparo, recours constitutionnel espagnol de protection des droits fondamentaux), d'avoir également exercé ce recours devant le Tribunal constitutionnel, celui-ci constituant un recours interne effectif au sens de la Convention. Saisir Strasbourg sans avoir correctement épuisé cette voie préalable constitue la cause d'irrecevabilité la plus fréquente, et se révèle en outre irréversible : une fois constaté le défaut d'épuisement, la requête est définitivement clôturée.

2. Le délai de quatre mois : une limite absolue sans exception

Depuis la réforme introduite par le Protocole n° 15 à la Convention, en vigueur depuis le 1er août 2022, le délai pour introduire la requête a été réduit de six à quatre mois, calculé à compter de la date de la décision interne définitive qui épuise la voie de recours. Il s'agit d'un délai strict, sans prorogation ni exception possible, dont le calcul commence à la date de la décision elle-même et non au moment où l'intéressé prend effectivement connaissance de son contenu écrit, ni au moment où il fait appel à une assistance juridique. Compte tenu de la sévérité de ce délai, il est indispensable d'évaluer la viabilité de la requête et de commencer sa préparation dès le moment où est rendue la décision interne qui épuise la voie de recours, sans attendre que son échéance approche.

Calculateur : délai de quatre mois devant la CEDH

Basé sur le délai cité ci-dessus : quatre mois à compter de la date de la décision interne définitive, sans prorogation possible.

3. Autres conditions de recevabilité : victime directe et préjudice important

Outre l'épuisement de la voie interne et le délai de quatre mois, l'article 35 de la Convention exige d'autres conditions que nous vérifions dans chaque affaire : la requête doit être introduite par une personne pouvant justifier de la qualité de victime directe de la violation alléguée, l'action populaire ou la défense d'intérêts abstraits ou généraux étant exclues ; et, depuis l'entrée en vigueur du Protocole n° 14, la Cour peut déclarer irrecevables les requêtes dans lesquelles le requérant n'a subi aucun préjudice important, sauf si le respect des droits de l'homme exige un examen du fond de l'affaire ou si celle-ci n'a pas été dûment examinée par un tribunal interne. La requête doit en outre être formulée avec une référence expresse et précise aux articles concrets de la Convention que l'on considère violés, avec citation de la jurisprudence pertinente de la Cour elle-même, et non comme une simple répétition des arguments de droit interne déjà soulevés devant les juridictions espagnoles.

4. Les mesures provisoires de l'art. 39 du Règlement : l'urgence face à des dommages irréparables

Lorsque l'exécution immédiate d'une décision interne pourrait causer un dommage grave et irréparable au requérant — typiquement en cas d'expulsion ou d'extradition vers un pays où existe un risque réel de torture, de traitements inhumains ou de peine de mort, contraire à l'article 3 de la Convention —, l'article 39 du Règlement de la Cour permet de solliciter l'adoption d'une mesure provisoire urgente suspendant cette exécution pendant l'examen de la requête. La Cour a déclaré que le non-respect par un État d'une mesure provisoire ainsi ordonnée constitue, en lui-même, une violation autonome du droit de recours individuel garanti par l'article 34 de la Convention, ce qui confère à ces mesures une efficacité pratique renforcée. La demande d'une telle mesure exige une justification documentaire immédiate et rigoureuse du risque réel et imminent que l'on entend éviter, et son traitement est effectué avec un caractère d'extrême urgence, fréquemment en quelques heures.

5. L'exécution en Espagne : le recours en révision après une condamnation de Strasbourg

Un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme constatant la violation d'un droit garanti par la Convention dans le cadre d'une procédure pénale espagnole n'annule pas automatiquement la condamnation interne : la réforme de l'article 954.3 de la Loi de procédure pénale espagnole (LECrim), opérée par la Loi 41/2015, du 5 octobre, a expressément ouvert la voie du recours extraordinaire en révision devant le Tribunal Supremo pour rendre effectif en Espagne l'arrêt de Strasbourg, à condition que la violation constatée ait une portée et une influence suffisantes sur le contenu de la décision de condamnation. Le Tribunal Supremo a déjà appliqué cette voie dans différentes procédures — parmi lesquelles un cas où la condamnation pour un délit d'outrage à l'Espagne (ultraje a España, infraction du droit pénal espagnol sanctionnant l'offense publique envers l'Espagne) s'est révélée incompatible avec la liberté d'expression reconnue par l'article 10 de la Convention — révisant la condamnation définitive et adaptant ses effets à ce qu'avait constaté la Cour européenne. Engager ce recours en révision, préalablement autorisé au moyen de l'incident correspondant devant la chambre elle-même, constitue le dernier maillon de la stratégie que nous entamons dès la procédure devant Strasbourg.

Notre stratégie

  • Vérification exhaustive de l'épuisement de la voie interne : nous vérifions, avant toute autre démarche, que tous les recours internes effectifs ont été correctement épuisés, y compris le recours en amparo lorsqu'il est applicable.
  • Contrôle rigoureux du délai : nous calculons avec précision le délai de quatre mois à compter de la décision interne définitive, et entamons la préparation de la requête le plus tôt possible.
  • Demande de mesures provisoires urgentes : lorsqu'il existe un risque de dommage irréparable, nous engageons avec la plus grande célérité la demande de mesure provisoire prévue à l'article 39 du Règlement de la Cour.
  • Mise en œuvre du recours en révision : une fois obtenu un arrêt favorable de Strasbourg, nous préparons le recours en révision devant le Tribunal Supremo afin de le rendre effectif dans l'ordre juridique interne.

Estimez-vous que vos droits fondamentaux ont été violés par les autorités espagnoles sans que les juridictions internes n'aient réparé cette violation ? Le délai strict de quatre mois exige d'agir immédiatement. Chez RAKH ABOGADOS, nous préparons ces requêtes avec la rigueur technique qu'exige Strasbourg, sur l'ensemble du territoire espagnol.

Ressources associées

Questions fréquentes, glossaire et comparatifs

Questions fréquentes

La Cour européenne des droits de l'homme peut-elle suspendre une extradition pendant qu'elle statue sur ma requête ?

Voir la réponse dans la Foire aux questions →

De combien de temps est-ce que je dispose pour introduire une requête devant la Cour européenne des droits de l'homme ?

Voir la réponse dans la Foire aux questions →

Glossaire

Épuisement de la voie interne

Condition de recevabilité d'une requête devant la Cour européenne des droits de l'homme (art. 35 § 1 de la Convention) : avant de saisir Strasbourg, il est nécessaire d'avoir épuisé la voie judiciaire ordinaire espagnole et, le cas échéant, le recours en amparo devant le Tribunal constitutionnel.

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Consultation initiale