Spécialiste en Extraditions à Marbella
Spécialiste en extraditions
Chez RAKH ABOGADOS, nous assumons la défense de ces procédures devant la Chambre pénale de l'Audiencia Nacional avec un principe qui préside toute action du cabinet : le dossier est suivi personnellement par l'avocat, docteur en droit pénal, depuis l'étude du dossier jusqu'à l'audience. Dans une procédure dont dépend la liberté du client, la délégation à des collaborateurs — pratique courante dans les grands cabinets — n'est pas une option.
Cadre normatif applicable
L'extradition entre l'Espagne et un État étranger est régie, par renvoi de l'article 13.3 de la Constitution espagnole, par le traité international applicable — bilatéral ou multilatéral —, et à défaut ou à titre supplétif par la Loi 4/1985, du 21 mars, relative à l'extradition passive (Ley de Extradición Pasiva). En matière de coopération entre États de l'Union européenne, l'extradition cède la place au mandat d'arrêt européen, régi par la Décision-cadre 2002/584/JAI et par la Loi 23/2014, du 20 novembre, avec un régime de garanties propre découlant du principe de reconnaissance mutuelle.
Le cabinet est intervenu dans des procédures avec des pays de trois continents, parmi lesquels la Fédération de Russie, le Maroc, l'Ukraine et des États de l'Union européenne, avec documentation et communications traduites dans la langue du client et interprète pris en charge par le cabinet à chaque étape de la procédure.
Types d'extradition
- Extradition active : celle par laquelle l'Espagne demande à un État tiers la remise d'une personne pour son jugement ou l'exécution d'une condamnation sur le territoire espagnol.
- Extradition passive : — dont le régime concentre les garanties les plus importantes — celle par laquelle un État tiers adresse à l'Espagne une demande de remise.
C'est cette seconde modalité qui est instruite devant la Chambre pénale de l'Audiencia Nacional et qui exige la défense technique la plus spécialisée, en raison de l'asymétrie entre le pouvoir de l'État requérant et la position de la personne réclamée.
Principes directeurs de la procédure
L'extradition passive s'articule autour de trois principes qui opèrent comme conditions de la remise :
Principe de légalité
Aucune extradition n'est possible sans fondement dans un traité international ou, à défaut, dans la loi interne de l'État requis.
Principe de double incrimination
Le fait motivant la demande doit constituer une infraction pénale tant dans l'ordre juridique de l'État requérant que dans le Code pénal espagnol. Cette exigence ne se satisfait pas de la simple coïncidence nominale du délit : elle requiert une correspondance substantielle des éléments objectifs et subjectifs de l'infraction.
Principe de spécialité
La remise accordée, l'État requérant ne peut juger la personne réclamée que pour les faits concrets ayant motivé la demande, sauf consentement exprès de la personne remise ou autorisation postérieure de l'État requis.
Causes de refus de la remise
La loi et les traités prévoient des causes impératives de refus — qui obligent le tribunal à rejeter la remise — et des causes facultatives, dont l'appréciation relève de la libre appréciation de la Chambre.
Causes de refus obligatoire (art. 3 et 4 de la Loi d'extradition passive)
- Lorsque l'extradition de ressortissants espagnols est demandée, ou celle d'étrangers pour des délits dont la connaissance revient aux tribunaux espagnols, selon l'ordre juridique national.
- Lorsque l'extradition est demandée pour des délits politiques (sauf terrorisme), ou pour des délits militaires.
- Lorsque la personne réclamée doit être jugée par un tribunal d'exception.
- Lorsque la responsabilité pénale s'est éteinte, conformément à la législation espagnole ou à celle de l'État requérant.
- Lorsque la personne réclamée a été jugée ou est en train de l'être en Espagne pour les mêmes faits qui servent de fondement à la demande d'extradition.
- Lorsque l'État requérant ne fournit pas la garantie que la personne réclamée ne sera ni exécutée ni soumise à des peines portant atteinte à son intégrité corporelle ou à des traitements inhumains ou dégradants.
- Lorsque le statut de réfugié a été reconnu à la personne réclamée.
- Lorsque le seuil minimal de gravité n'est pas atteint : l'extradition n'est pas possible pour des infractions dont la peine, dans l'ordre juridique de l'État requérant, est inférieure à un an de privation de liberté pour le jugement, ou à quatre mois pour l'exécution d'une condamnation.
Causes facultatives de refus (art. 5 de la Loi d'extradition passive)
Constituent, entre autres, des causes facultatives de refus la finalité persécutoire fondée sur la race, la religion, la nationalité ou l'opinion politique ; la minorité de la personne réclamée combinée à sa résidence habituelle en Espagne, lorsque la remise compromettrait sa réinsertion ; et la nationalité espagnole de la personne réclamée, conformément au régime de l'article 3.1 de la Loi 4/1985.
Peuvent également être rejetées de manière facultative les demandes qui le méritent pour des raisons humanitaires, l'âge avancé, l'état de santé ou l'intérêt national, ou lorsque la personne réclamée a moins de dix-huit ans au moment de la demande d'extradition, toujours après appréciation de proportionnalité. La remise peut en outre être refusée, conformément à l'article 3 de la Loi d'extradition passive, lorsque le délit a été commis hors du territoire du pays qui demande l'extradition, si la législation espagnole n'autorise pas la poursuite d'un délit de même nature commis hors d'Espagne.
Extradition sans traité bilatéral ou multilatéral
L'extradition passive trouve son fondement dans l'article 13.3 de la Constitution espagnole, qui exige que l'extradition ne soit accordée qu'en exécution d'un traité ou de la loi, sur le fondement du principe de réciprocité. En l'absence de traité ratifié, la procédure relève de la Loi d'extradition passive et revêt une dimension particulièrement délicate :
- Discrétion gouvernementale accrue : l'absence d'une voie de coopération avalisée par un traité accroît la complexité de la procédure, et l'appréciation de l'intérêt national — compétence du Gouvernement conformément à l'article 97 de la Constitution espagnole — se fait en fonction des intérêts du Gouvernement en place.
- Refus sans nécessité de motivation : en l'absence de traité ratifié, l'Espagne n'est pas juridiquement tenue de faire droit à la demande et peut refuser la remise sans devoir motiver juridiquement sa décision, la souveraineté, l'opportunité politique ou la réciprocité prenant une importance particulière.
- Contrôle renforcé des garanties : l'Espagne peut rejeter la remise en cas de risque de torture, de peine de mort ou d'absence de garanties procédurales et d'interdiction du double jugement ; cette appréciation est plus stricte en l'absence de traité, aucun standard minimal de coopération n'ayant été préalablement reconnu.
- Retards et lenteurs : la procédure peut se prolonger considérablement, générant une insécurité juridique, selon les interprétations internes de la Loi d'extradition passive et la disponibilité des moyens consulaires et judiciaires.
- Difficultés probatoires et documentaires : les preuves et documents de l'État requérant peuvent ne pas correspondre aux standards procéduraux espagnols, et si les faits ne s'inscrivent pas correctement dans la qualification pénale espagnole, le rejet s'impose pour défaut de double incrimination.
- Conflits diplomatiques : une extradition sans traité peut être interprétée comme une ingérence dans les affaires internes, en particulier lorsque la personne réclamée est ressortissante du pays requérant ou lorsque l'affaire présente des connotations politiques.
Le traitement d'une demande d'extradition sans traité bilatéral exige une analyse juridique minutieuse et une stratégie procédurale adaptée aux particularités de l'affaire. Disposer d'une défense experte est essentiel pour protéger les intérêts de la personne réclamée.
Expérience avec la Fédération de Russie
RAKH ABOGADOS possède une expérience consolidée dans la défense de ressortissants russes et slaves, ayant réussi à faire suspendre et refuser l'extradition à 5 reprises, en offrant un service intégral incluant une traduction technique propre et des interprètes lors de chaque étape judiciaire. Le contexte actuel avec la Fédération de Russie exige une défense encore plus sophistiquée en raison d'un changement radical de circonstances.
Impact de la sortie de la Russie du Conseil de l'Europe
La sortie de la Russie du Conseil de l'Europe a réduit la supervision externe et l'accès à la Cour européenne des droits de l'homme, ce qui génère un risque de déni de droits pour la personne réclamée. L'Audiencia Nacional, dans des décisions telles que l'ordonnance (Auto) 644/2025, du 3 octobre, a déjà envisagé la suspension de la coopération judiciaire avec la Russie en raison de l'agression armée contre l'Ukraine, permettant dans certains cas le classement provisoire des procédures.
Nous invoquons des précédents judiciaires déterminants, tels que les affaires « Sergey T. » ou « Nekrich », dans lesquelles la remise à la Russie a été refusée en raison de la vulnérabilité des personnes réclamées face à d'éventuelles pressions politiques sur les juges dans le pays de destination et du risque de violation de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme.
L'ancrage n'est pas une cause de refus
C'est une doctrine constante de l'Assemblée plénière : il ne figure ni aux art. 3, 4, 7, 9 et 10 de la Convention ni aux art. 3, 4 et 5 de la Loi d'extradition passive. Il intervient dans les mesures conservatoires de l'art. 503 de la Loi de procédure pénale espagnole (LECrim) et comme critère d'appréciation, non comme motif d'opposition.
La nationalité espagnole
L'art. 3.1 de la Loi d'extradition passive dispose que l'extradition de ressortissants espagnols ne sera pas accordée, et sa qualité s'apprécie au moment de la décision, de même qu'à l'art. 6.1.c) de la Convention. L'exception vaut lorsque la nationalité a été acquise dans le but frauduleux d'empêcher la remise. Le Tribunal constitutionnel a précisé que la fraude doit résider dans l'acquisition elle-même, et non dans son exploitation ultérieure, et a refusé de la déduire de l'usage ambivalent de passeports. Cela emporte l'application de l'adage aut dedere aut iudicare : la remise refusée, l'Espagne doit soumettre l'affaire à ses tribunaux (art. 6.2 de la Convention, art. 23.2 de la Loi organique du pouvoir judiciaire), avec le changement de for qui en résulte et son impact direct considérable sur la peine.
Prescription
Art. 4.4 de la Loi d'extradition passive : il suffit que la responsabilité soit éteinte conformément à la loi espagnole ou à celle de l'État requérant. Elle doit être invoquée dans le mémoire prévu à l'art. 13 de la Loi d'extradition passive et réitérée en appel (súplica).
Expérience avec les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite
La coopération pénale internationale avec les États du Golfe présente une singularité qui exige une préparation spécifique : l'absence de convention multilatérale applicable avec l'Espagne et l'inexistence, à ce jour, de traité bilatéral d'extradition tant avec les Émirats arabes unis qu'avec le Royaume d'Arabie saoudite obligent à faire relever toute demande adressée au Royaume d'Espagne du régime supplétif de la Loi 4/1985, du 21 mars, relative à l'extradition passive, et du principe de réciprocité prévu à son article 13.3, avec la particularité qu'il appartient à l'État requérant d'en apporter la preuve.
Le cabinet est intervenu dans des procédures liées à cette zone géographique, agissant en phase d'instruction et lors des actes préalables à l'audience d'extradition devant le juge central d'instruction compétent et devant la section correspondante de la Chambre pénale de l'Audiencia Nacional, avec l'approche technique caractéristique de ce cabinet.
Questions fréquentes, glossaire et comparatifs
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre extradition active et extradition passive ?
Voir la réponse dans la Foire aux questions →L'Espagne peut-elle extrader un ressortissant espagnol ?
Voir la réponse dans la Foire aux questions →Qu'est-ce que le principe de double incrimination dans une procédure d'extradition ?
Voir la réponse dans la Foire aux questions →Glossaire
Ancrage (en matière d'extradition)
L'ancrage familial, professionnel et social de la personne réclamée en Espagne ne constitue pas, en soi, une cause légale de refus d'une extradition. Il intervient comme critère d'appréciation dans les mesures conservatoires de l'art. 505 de la Loi de procédure pénale espagnole (LECrim) (pour demander la liberté provisoire ou son remplacement par des mesures moins contraignantes), mais non comme motif d'opposition au fond de l'extradition.
Voir dans le Glossaire →Double incrimination (principe de)
Principe exigeant que le fait pour lequel une personne est réclamée constitue un délit tant dans l'État requérant que conformément au Code pénal espagnol, la simple coïncidence nominale du délit ne suffisant pas : il requiert une correspondance substantielle des éléments objectifs et subjectifs de l'infraction entre les deux ordres juridiques.
Voir dans le Glossaire →Spécialité (principe de)
Règle selon laquelle, la remise d'une personne réclamée étant accordée, l'État requérant ne peut la juger que pour les faits concrets ayant motivé la demande d'extradition, sauf si la personne remise y consent expressément ou si l'État requis autorise ultérieurement son jugement pour d'autres faits.
Voir dans le Glossaire →Nationalité espagnole (obstacle à l'extradition)
L'art. 3.1 de la Loi 4/1985 empêche, en règle générale, l'extradition de ressortissants espagnols, sauf si la nationalité a été acquise de manière frauduleuse dans le but d'empêcher la remise — fraude qui, selon le Tribunal constitutionnel, doit résider dans l'acquisition même de la nationalité, et non dans son exploitation ultérieure.
Voir dans le Glossaire →Réciprocité (principe de)
Principe, prévu à l'art. 13.3 de la Constitution espagnole et applicable à titre supplétif conformément à l'art. 1 de la Loi 4/1985, qui permet l'extradition ou la coopération avec un État sans traité bilatéral ou multilatéral avec l'Espagne, l'État requérant devant apporter la preuve de cette réciprocité.
Voir dans le Glossaire →Comparatifs
Extradition classique face au mandat d'arrêt européen
Lorsque la personne réclamée se trouve dans l'Union européenne, la procédure classique d'extradition cède la place au mandat d'arrêt européen, un mécanisme plus rapide fondé sur la reconnaissance mutuelle entre autorités judiciaires.
Voir le comparatif complet →