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Blanchiment à Marbella par imprudence professionnelle

Texte

Blanchiment de capitaux commis par imprudence professionnelle grave

Aux côtés de la modalité intentionnelle du blanchiment de capitaux, que nous développons dans notre contenu général sur cette infraction, l'article 301.3 CP prévoit une modalité non intentionnelle d'application croissante dans la pratique judiciaire : celle de la personne qui, sans savoir avec certitude que les biens sur lesquels elle opère sont issus d'une activité délictueuse, manque gravement au devoir de vigilance qui lui était exigible et facilite ainsi leur intégration dans le circuit économique. Cette infraction concerne tout particulièrement les notaires, avocats, gestionnaires administratifs, agents immobiliers et établissements financiers, entités assujetties par la Ley 10/2010 à un devoir renforcé de contrôle sur l'origine des fonds qu'ils intermédient. Chez RAKH ABOGADOS, nous défendons ces professionnels face à des accusations de cette nature, avec la connaissance spécifique des normes de vigilance exigibles dans chaque activité.

L'imprudence ne porte pas sur le comportement, mais sur la connaissance de l'origine

L'article 301.3 CP n'introduit pas une modalité distincte des comportements typiques de blanchiment ; il transpose le reproche d'imprudence sur un élément très précis : l'ignorance de l'origine délictueuse des biens. La jurisprudence a précisé cette structure avec clarté :

« ...agit par imprudence celui qui ignore l'origine illicite des biens pour avoir manqué au devoir objectif de vigilance qu'impose l'article 301.3. »

Tribunal Supremo, Chambre pénale, STS 506/2015, du 27 juillet 2015

Cela signifie que l'imprudence ne se rapporte pas à la manière dont a été exécutée l'acquisition, la conversion ou la transmission des biens — qui peut avoir été parfaitement correcte d'un point de vue technique ou opérationnel —, mais au défaut de vigilance dans la recherche ou le soupçon de leur provenance illicite lorsque les circonstances l'exigeaient. Il s'agit, par conséquent, d'une imprudence qui porte sur l'élément cognitif du type, et non sur l'élément de l'action.

La norme exigée : une imprudence grave, non une simple négligence quelconque

Le précepte exige expressément que l'imprudence soit grave, c'est-à-dire qu'elle constitue une infraction sévère, manifeste et non simplement accessoire au devoir de vigilance exigible :

« ...l'imprudence grave... exige, par rapport à l'imprudence légère, une intensité plus grande dans la violation du devoir de vigilance propre aux infractions non intentionnelles. »

Doctrine réitérée du Tribunal Supremo sur l'article 301.3 du Code pénal

La jurisprudence la plus récente a insisté sur le fait qu'une irrégularité administrative mineure ou le simple manquement formel à un protocole interne ne suffisent pas : il est nécessaire d'établir l'existence d'indices objectifs et raisonnablement perceptibles de l'origine illicite des fonds que le professionnel, pouvant et devant les remarquer, a manifestement ignorés. Une décision du Tribunal Supremo de mars 2024 a confirmé un acquittement précisément parce que les faits établis ne comportaient ni indices révélateurs de l'origine illégale de l'argent ni un comportement qualifiable de gravement imprudent, soulignant que l'absence de toute commission ou de tout bénéfice perçu au titre de l'opération renforçait l'absence de motifs raisonnables de suspicion. Cette exigence d'intensité qualifiée dans la violation du devoir de vigilance constitue, par conséquent, le terrain central de notre défense dans ces procédures.

La norme professionnelle : la Ley 10/2010 comme paramètre de la vigilance exigible

Lorsque la personne mise en cause est une entité assujettie à la réglementation de prévention du blanchiment — notaire, avocat, gestionnaire, agent immobilier, établissement financier —, le contenu concret du devoir de vigilance exigible se construit à partir des obligations de vigilance que la Ley 10/2010 et son règlement d'application lui imposent : identification du client et du bénéficiaire effectif, examen spécial des opérations qui, par leur montant, leur nature ou leur structure, apparaissent inhabituelles ou dépourvues d'un objet économique ou licite apparent, et déclaration au SEPBLAC de celles qui suscitent un indice ou une certitude de blanchiment. Le manquement systématique et manifeste à ces obligations — et non la simple imperfection ponctuelle dans leur application — est ce que la jurisprudence considère de plus en plus apte à caractériser l'imprudence grave de l'article 301.3 CP, avec la conséquence supplémentaire, dans le cas des professionnels inscrits à un ordre, de la peine d'interdiction spéciale d'exercer leur profession.

Une infraction de droit commun, non réservée aux entités assujetties

Il convient de préciser que le blanchiment par imprudence n'est pas réservé aux professionnels soumis à la Ley 10/2010 : la jurisprudence majoritaire du Tribunal Supremo a déclaré qu'il s'agit d'une infraction de droit commun, applicable à toute personne qui, devant et pouvant soupçonner l'origine illicite de certains fonds, agit sur eux sans les précautions minimales exigibles de tout citoyen diligent. Toutefois, le niveau de vigilance exigible se module effectivement en fonction de la position et des connaissances spécifiques du sujet : un notaire, un avocat ou un gestionnaire bancaire se voient exiger une norme de vigilance nettement supérieure à celle d'un particulier étranger à l'opération, précisément en raison de leur formation, de leur expérience et des obligations légales spécifiques à leur profession, aspect que nous faisons valoir activement lorsque le client ne possède pas cette qualification professionnelle.

Notre stratégie de défense

  • Contestation de la gravité de l'imprudence : nous établissons que le comportement en cause, même s'il peut être qualifié de négligent, n'atteint pas l'intensité qualifiée de violation du devoir de vigilance qu'exige le type.
  • Établissement de l'absence d'indices objectifs : nous reconstituons l'opération en cause pour démontrer qu'il n'existait pas de signaux raisonnablement perceptibles de l'origine illicite des fonds au moment d'y intervenir.
  • Établissement du respect effectif de la vigilance : lorsque le client est une entité assujettie, nous documentons le respect réel des protocoles d'identification et d'examen spécial exigés par la Ley 10/2010.
  • Distinction avec le dol éventuel : nous analysons avec précision la frontière entre l'imprudence grave et le dol éventuel, dont la distinction s'avère fréquemment déterminante pour la qualification juridique et la peine finalement applicable.

Êtes-vous notaire, avocat, gestionnaire, agent immobilier ou professionnel de banque mis en cause pour blanchiment de capitaux dans sa modalité imprudente ? L'établissement correct de la norme de vigilance exigible dans votre profession s'avère déterminant. Chez RAKH ABOGADOS, nous défendons vos intérêts avec rigueur technique sur l'ensemble du territoire espagnol.

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Questions fréquentes, glossaire et comparatifs

Questions fréquentes

Un professionnel (avocat, notaire, conseiller) peut-il être condamné pour blanchiment sans savoir que l'argent était illicite ?

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