Délits contre la Vie à Marbella
Délits contre la vie : homicides et assassinats
Au-delà du cadre général que nous consacrons à cette matière dans notre contenu sur les infractions de droit commun, la défense technique dans les procédures pour homicide et assassinat exige la maîtrise de trois questions de la plus haute complexité dogmatique : les différentes modalités dans lesquelles la jurisprudence a décomposé l'alevosía (circonstance aggravante propre au droit pénal espagnol, consistant à employer des moyens, modes ou formes d'exécution assurant l'absence de risque provenant d'une défense de la victime), les conditions strictes de l'ensañamiento (circonstance aggravante consistant à causer délibérément à la victime des souffrances superflues, indépendante de l'alevosía), et le régime — également complexe — de la prisión permanente revisable (peine de réclusion à perpétuité assortie d'un mécanisme de révision périodique, propre au droit espagnol). Chez RAKH ABOGADOS, nous menons ces procédures, habituellement jugées devant le Tribunal du Jury, avec l'analyse technique et l'expertise médico-légale qu'exige la matière la plus grave de tout l'ordre pénal.
Les trois modalités de l'alevosía
La jurisprudence distingue de façon constante trois modalités exécutives constitutives d'alevosía, chacune avec sa propre exigence probatoire :
"...a) alevosía proditoria, equivalente a la traición... b) alevosía súbita o inopinada, llamada también 'sorpresiva'... c) alevosía de desvalimiento, que consiste en el aprovechamiento de una especial situación de desamparo de la víctima." (a) alevosía proditoria, équivalente à la traîtrise ; b) alevosía súbita ou inopinée, également appelée « sorpresiva » (par surprise) ; c) alevosía de desvalimiento, qui consiste à exploiter une situation particulière de dénuement de la victime.)
Tribunal Supremo, Chambre pénale, STS 201/2019, du 10 avril 2019L'alevosía proditoria exige d'établir un guet-apens, une embûche ou un piège préalablement organisé par l'auteur. L'alevosía súbita ou inopinée — la modalité la plus fréquemment appliquée en pratique — se concentre sur le caractère imprévu, fulgurant et soudain de l'attaque, même lorsque l'auteur se trouvait à la vue de la victime, dès lors que celle-ci ne s'attendait pas à l'agression et ne pouvait s'en prémunir. Et l'alevosía de desvalimiento exige l'exploitation consciente d'une situation de dénuement absolu — jeunes enfants, personnes endormies, inconscientes ou gravement incapables —, sans qu'il soit nécessaire que l'auteur ait délibérément recherché cette situation, il suffit qu'il en profite au moment d'agir. La jurisprudence la plus récente reconnaît en outre une modalité dite « de cohabitation », retenue lorsque l'attaque par surprise est dirigée contre une personne se trouvant dans la quiétude et l'abri de son propre domicile, en compagnie d'une personne avec laquelle elle entretient une relation de confiance. Déterminer avec précision laquelle de ces modalités est en cause — et si tous ses éléments objectifs et subjectifs sont réellement réunis — constitue l'axe central de notre défense lorsque cette circonstance aggravante est retenue.
L'ensañamiento : deux éléments cumulatifs et indépendants de l'alevosía
L'ensañamiento de l'article 139.1.3ª CP exige la réunion cumulée de deux éléments que la jurisprudence exige d'établir de manière autonome :
"...un elemento objetivo constituido por la causación de males objetivamente innecesarios para alcanzar el resultado típico... y otro subjetivo, que el autor debe ejecutar, de modo consciente y deliberado, unos actos... dirigidos... al aumento del sufrimiento de la víctima." (un élément objectif, constitué par la causation de maux objectivement inutiles à la réalisation du résultat typique... et un élément subjectif, l'auteur devant accomplir, de façon consciente et délibérée, des actes... visant... à accroître la souffrance de la victime.)
Tribunal Supremo, Chambre pénale, STS du 4 octobre 2023L'élément objectif exige que les actes causant une douleur supplémentaire soient clairement superflus par rapport à la survenance de la mort, et que la victime ait été consciente pour les percevoir : si le décès est survenu dès les premiers coups ou blessures, les actes postérieurs — aussi nombreux soient-ils — ne peuvent fonder l'ensañamiento, faute d'avoir généré une souffrance supplémentaire quelconque. L'élément subjectif exige une véritable volonté délibérée de causer cette souffrance additionnelle, ce que la jurisprudence a défini comme une « méchanceté réfléchie » incompatible avec le simple animus homicide déjà consommé dans la décision de tuer. La distinction correcte entre le nombre de blessures nécessaire pour assurer l'exécution du fait et celui véritablement superflu et destiné à prolonger la souffrance constitue, par conséquent, un point de nature essentiellement médico-légale, que nous soumettons à contradiction dans chaque procédure de cette nature.
Le régime de la prisión permanente revisable : conditions de sa suspension
L'article 140 CP réserve la prisión permanente revisable aux hypothèses les plus graves d'assassinat : victime de moins de seize ans ou particulièrement vulnérable en raison de son âge, d'une maladie ou d'un handicap ; assassinat consécutif à une infraction contre la liberté sexuelle ; commission par une personne appartenant à une organisation ou un groupe criminel ; et assassinats réitérés ou commis en série. L'article 92 CP fixe les conditions de suspension de son exécution : que le condamné ait purgé, en règle générale, vingt-cinq années de peine effective — délai porté à trente-cinq ans dans les hypothèses les plus graves de l'article 78 bis CP — ; qu'il soit classé au troisième degré pénitentiaire, ce qui exige à son tour un minimum de quinze années d'exécution effective ; et que le tribunal puisse fonder, au vu de la personnalité du condamné, de ses antécédents, des circonstances de l'infraction et des rapports d'évolution pénitentiaire, un pronostic individualisé et favorable de réinsertion sociale. Le Tribunal Constitutionnel a déclaré cette réglementation conforme à la Constitution, précisément parce qu'elle prévoit ce mécanisme de révision périodique qui garantit au condamné une perspective de liberté, bien que la première révision effective d'une condamnation prononcée sous ce régime ne doive intervenir en Espagne qu'après l'année 2040.
Notre stratégie
- Contestation de la modalité alevosa concrète : nous analysons avec rigueur médico-légale si les éléments objectifs et subjectifs de la modalité d'alevosía invoquée par l'accusation sont réellement réunis, en recherchant la requalification en homicide lorsqu'ils ne sont pas établis avec la certitude exigée.
- Analyse médico-légale de l'ensañamiento : nous soumettons à contradiction, au moyen d'une expertise médico-légale indépendante, si les actes contestés étaient réellement superflus et ont causé à la victime une souffrance consciente supplémentaire.
- Distinction entre dol homicide et dol de blessure : nous analysons la zone corporelle visée, l'instrument employé et la dynamique de l'agression pour soutenir, le cas échéant, la qualification de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ou d'homicide involontaire, plutôt que le dol direct de tuer.
- Stratégie devant le Tribunal du Jury : nous préparons avec la plus grande rigueur l'objet du verdict et l'exposition de la preuve médico-légale devant cette juridiction, propre au jugement de ces infractions.
Faites-vous face à une accusation d'homicide ou d'assassinat, ou représentez-vous la famille d'une victime dans une procédure de cette nature ? L'analyse technique et médico-légale de l'alevosía, de l'ensañamiento et du régime de la peine applicable est déterminante. Chez RAKH ABOGADOS, nous menons ces procédures avec la plus grande rigueur et l'implication personnelle de l'avocat, dans toute l'Espagne.
Questions fréquentes, glossaire et comparatifs
Questions fréquentes
Quels types d'alevosía la jurisprudence reconnaît-elle dans les délits d'homicide et d'assassinat ?
Voir la réponse dans la Foire aux questions →Glossaire
Alevosía
Circonstance qui aggrave l'homicide en assassinat lorsque l'auteur emploie des moyens, des modes ou des formes objectivement propres à assurer le résultat, en éliminant les possibilités de défense de la victime. La jurisprudence distingue l'alevosía proditoria (guet-apens ou piège préalable), la súbita ou inopinée (attaque imprévue et soudaine) et celle de desvalimiento (exploitation d'une situation de dénuement absolu de la victime).
Voir dans le Glossaire →Ensañamiento
Circonstance qui aggrave l'homicide en assassinat (art. 139.1.3ª CP) lorsque deux éléments sont réunis : l'un objectif (causer des maux objectivement inutiles au résultat, la victime étant consciente) et l'autre subjectif (volonté délibérée d'accroître la souffrance de la victime).
Voir dans le Glossaire →Prisión permanente revisable
Peine réservée par l'art. 140 CP aux hypothèses les plus graves d'assassinat : victime de moins de 16 ans ou particulièrement vulnérable, assassinat consécutif à une infraction contre la liberté sexuelle, commission par une organisation ou un groupe criminel, ou assassinats réitérés ou en série. Sa suspension exige l'accomplissement d'un minimum de 25 années de peine effective (jusqu'à 35 dans les hypothèses les plus graves), le classement au troisième degré pénitentiaire et un pronostic individualisé et favorable de réinsertion.
Voir dans le Glossaire →