Rakh Abogados
Rakh Abogados Inherited Talent
Direction juridique personnelle, du début à la fin

Droit Pénal International à Marbella

Texte

Droit pénal international

Le droit pénal international constitue aujourd'hui, plus qu'une spécialité, le cadre naturel dans lequel se déploie une part substantielle de la criminalité grave. La libre circulation des personnes et des capitaux, la délocalisation de la délinquance économique, l'irruption des crypto-actifs comme vecteur patrimonial étranger à l'intermédiation bancaire classique, et la structure transnationale des organisations criminelles elle-même, ont fait que la détermination de la loi applicable, de l'organe compétent et de la voie procédurale a cessé d'être une question préliminaire pour devenir, fréquemment, le cœur même de la défense.

D'où le fait que l'ignorance de ce cadre ne se traduit pas par une défense moins complète, mais par une défense techniquement inviable : celui qui ignore l'instrument international applicable ne peut ni contrôler la régularité des actes accomplis sous son couvert, ni relever l'absence d'une condition d'habilitation, ni identifier la cause de refus que le traité lui-même met à la disposition de la personne réclamée. Le dossier contient alors des actes dont l'avocat n'est pas en mesure de discuter la licéité, et la défense se limite aux aspects internes d'une affaire dont l'architecture est internationale.

RAKH ABOGADOS assume la direction juridique en cette matière avec un principe dont nous ne nous écartons pas : le dossier est suivi personnellement par l'avocat, docteur en droit pénal, depuis l'étude du dossier jusqu'à l'audience.

Principes directeurs du droit pénal international

La matière s'articule autour d'un ensemble de principes qui opèrent comme critères d'attribution de juridiction et comme limites à l'exercice du ius puniendi des États. Leur connaissance n'est pas un exercice académique : de l'invocation correcte de l'un ou l'autre dépend, en pratique, qu'une procédure soit instruite en Espagne ou dans un État tiers, avec les conséquences pénologiques et de garanties que cela comporte.

Principe de territorialité et principe d'ubiquité

Règle générale d'attribution, consacrée à l'article 8.1 du Code civil espagnol et à l'article 23.1 de la Loi organique du pouvoir judiciaire (LOPJ) : la juridiction espagnole connaît des délits commis sur le territoire espagnol, indépendamment de la nationalité de leur auteur. Son application se complique lorsque le comportement se fragmente entre plusieurs juridictions, hypothèse dans laquelle intervient le principe d'ubiquité, consacré par l'accord non juridictionnel de l'Assemblée plénière de la Deuxième Chambre du Tribunal Supremo du 3 février 2005, selon lequel le délit qui se produit dans un lieu différent de celui où il produit ses effets peut faire l'objet d'une enquête dans l'un ou l'autre, les tribunaux du lieu de l'action comme ceux du résultat étant compétents. Ce principe a acquis une importance capitale en matière de délits informatiques, à caractère mutant et itinérant, avec un reflet dans l'arrêt de la Première Section de l'Audiencia Provincial de Lérida 308/2017, du 14 juillet.

Principe de personnalité active

Prévu à l'article 23.2 de la Loi organique du pouvoir judiciaire (LOPJ), il permet à la juridiction espagnole de connaître de faits commis hors du territoire national lorsque le responsable pénal est espagnol, ou étranger ayant acquis la nationalité espagnole postérieurement à la commission des faits, sous réserve des conditions de double incrimination, de plainte ou de dénonciation, et d'absence de jugement préalable. Sa pertinence pratique est maximale en matière extraditionnelle : l'entrée refusée pour un national, ce principe empêche l'impunité et entraîne la saisine des autorités espagnoles, en application de l'adage aut dedere aut iudicare.

Principe de personnalité passive et principe réel ou de protection

L'article 23.3 de la Loi organique du pouvoir judiciaire (LOPJ) attribue à la juridiction espagnole la connaissance de certains faits commis hors du territoire national lorsque sont lésés des intérêts essentiels de l'État — trahison, délits contre la Couronne, falsification de monnaie, attentat contre des autorités espagnoles à l'étranger, entre autres —, indépendamment de la nationalité de l'auteur et sans exigence de double incrimination.

Principe de compétence universelle

Consacré à l'article 23.4 de la Loi organique du pouvoir judiciaire (LOPJ) dans sa rédaction en vigueur après la réforme opérée par la Loi organique 1/2014, il attribue à la juridiction espagnole la connaissance de certains délits de portée universelle — génocide, crimes contre l'humanité, terrorisme, piraterie, trafic illicite de stupéfiants, traite d'êtres humains, entre autres — avec les points de rattachement que la norme elle-même établit. Son régime actuel, sensiblement restreint par rapport à la formulation d'origine, exige un examen rigoureux de la réunion des conditions de rattachement, dont l'absence entraîne le classement sans suite pour défaut de juridiction.

Principe de double incrimination

Condition transversale de la coopération pénale internationale : le fait motivant la demande doit constituer une infraction pénale tant dans l'ordre juridique de l'État requérant que dans celui de l'État requis. Cette exigence ne se satisfait pas de la simple coïncidence nominale de la qualification (nomen iuris) : elle requiert une correspondance substantielle des éléments objectifs et subjectifs de l'infraction. Son absence constitue une cause impérative de refus de la remise et a entraîné, dans la pratique récente de la Chambre pénale de l'Audiencia Nacional, certaines des rares décisions de refus en matière extraditionnelle.

Principe de spécialité

La remise accordée, l'État requérant ne peut juger la personne remise que pour les faits concrets ayant motivé la demande, sauf consentement exprès de celle-ci ou autorisation postérieure de l'État requis. Son invocation expresse et la constatation de la non-renonciation constituent une démarche obligée de la défense lors de la comparution prévue à l'article 12 de la Loi 4/1985.

Principe non bis in idem dans sa dimension internationale

Il interdit le double jugement pour les mêmes faits dans différentes juridictions, dans la portée que lui confèrent l'article 54 de la Convention d'application de l'accord de Schengen, l'article 50 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 4 du Protocole n° 7 à la Convention européenne des droits de l'homme.

Principe de réciprocité

Il opère à titre supplétif en l'absence de traité, conformément à l'article 13.3 de la Constitution espagnole et à l'article 1 de la Loi 4/1985, l'État requérant devant en apporter la preuve. Sa pertinence est maximale dans les relations avec les États avec lesquels l'Espagne ne dispose pas d'instrument conventionnel.

Principe de non-refoulement et limite des droits fondamentaux

Aucun principe de coopération n'opère de manière inconditionnée. L'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, dans l'interprétation constante de la Cour européenne des droits de l'homme, interdit la remise lorsqu'il existe un risque réel de soumission à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants, limite que l'article 4.6 de la Loi 4/1985 incorpore à l'ordre interne comme cause impérative de refus.

Instruments de coopération

Dans l'espace de l'Union européenne

La coopération s'articule autour du principe de reconnaissance mutuelle : mandat d'arrêt européen, régi par la Décision-cadre 2002/584/JAI et par la Loi 23/2014, du 20 novembre ; décision d'enquête européenne, conformément à la Directive 2014/41/UE et à la Loi 3/2018, du 11 juin, qui a largement supplanté la commission rogatoire classique entre États membres ; équipes communes d'enquête ; et coordination d'Eurojust dans les cas de conflit de juridiction ou de nécessité d'une action concertée.

Hors de l'espace européen

La coopération repose sur la Convention européenne d'extradition du 13 décembre 1957 et ses Protocoles additionnels, sur les conventions bilatérales applicables, sur les instruments multilatéraux sectoriels — notamment la Convention des Nations unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes du 20 décembre 1988 et la Convention de Palerme contre la criminalité transnationale organisée du 15 novembre 2000 — et, à défaut, sur la Loi 4/1985 et sur le principe de réciprocité. L'entraide judiciaire s'articule au moyen d'une commission rogatoire conformément à l'article 177 de la Loi de procédure pénale espagnole (LECrim).

Sur le plan de la coopération policière

Au moyen des canaux d'Europol — notamment son Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) — et d'Interpol, dont le régime des notifications et diffusions, et tout particulièrement la fiche rouge, constitue fréquemment l'origine matérielle de la procédure et le premier front d'action de la défense.

Ressources associées

Questions fréquentes, glossaire et comparatifs

Glossaire

Commission rogatoire

Instrument classique d'entraide judiciaire internationale (art. 177 de la Loi de procédure pénale espagnole, LECrim) par lequel un juge espagnol demande à l'autorité judiciaire d'un autre pays d'accomplir un acte d'enquête hors du territoire espagnol, lorsqu'un instrument européen plus rapide, comme la décision d'enquête européenne, n'est pas applicable.

Voir dans le Glossaire →

Compétence universelle (principe de)

Principe, prévu à l'art. 23.4 de la Loi organique du pouvoir judiciaire (LOPJ) après sa réforme par la Loi organique 1/2014, qui permet aux tribunaux espagnols de connaître de certains délits de portée internationale (génocide, crimes contre l'humanité, terrorisme, piraterie, trafic de stupéfiants, traite d'êtres humains, entre autres) indépendamment du lieu de commission, dans un régime déjà restreint depuis la réforme.

Voir dans le Glossaire →

Décision d'enquête européenne

Instrument de coopération judiciaire de l'Union européenne (Directive 2014/41/UE et Loi 3/2018, du 11 juin) qui a largement supplanté la commission rogatoire classique pour la réalisation d'actes d'enquête entre États membres.

Voir dans le Glossaire →

Personnalité active (principe de)

Principe, prévu à l'art. 23.2 de la Loi organique du pouvoir judiciaire (LOPJ), qui permet à la juridiction espagnole de connaître de faits commis hors du territoire national lorsque le responsable est espagnol (ou s'est naturalisé après les faits), sous réserve de double incrimination, de dénonciation ou de plainte, et d'absence de jugement préalable à l'étranger.

Voir dans le Glossaire →

Personnalité passive ou principe réel (de protection)

Principe, prévu à l'art. 23.3 de la Loi organique du pouvoir judiciaire (LOPJ), qui attribue compétence aux tribunaux espagnols lorsque sont lésés des intérêts essentiels de l'État — trahison, délits contre la Couronne, falsification de monnaie, attentat contre des autorités espagnoles à l'étranger, entre autres —, sans exiger de double incrimination.

Voir dans le Glossaire →

Territorialité (principe de)

Principe, prévu à l'art. 8.1 du Code civil espagnol et à l'art. 23.1 de la Loi organique du pouvoir judiciaire (LOPJ), selon lequel la juridiction espagnole connaît des délits commis sur le territoire espagnol, indépendamment de la nationalité de leur auteur.

Voir dans le Glossaire →
Consultation initiale