Gestion Déloyale de Patrimoine d'Autrui à Marbella
Gestion déloyale de patrimoine d'autrui
Au-delà du cadre des sociétés que nous développons dans notre contenu consacré à la disposition frauduleuse de biens par les administrateurs, le délit de gestion déloyale de l'article 252 du Code pénal espagnol protège, depuis la réforme de 2015, tout patrimoine d'autrui indépendamment de sa nature : celui d'un mineur ou d'une personne handicapée sous tutelle, celui de la personne ayant conféré une procuration notariée générale, celui d'une succession en cours de liquidation ou celui d'une copropriété. Chez RAKH ABOGADOS, nous assumons cette défense — et, lorsque la position du client l'exige, l'accusation particulière du patrimoine lésé — dans toutes ces relations de gestion, avec la même rigueur technique que nous appliquons dans le domaine sociétaire.
De délit sociétaire à délit patrimonial général : la réforme de 2015
Jusqu'à la réforme opérée par la loi organique 1/2015, la gestion déloyale était configurée comme un délit exclusivement sociétaire, régi par l'ancien article 295 CP (aujourd'hui abrogé), ce qui laissait hors du champ du reproche pénal — ou forçait sa requalification artificielle en abus de confiance — de nombreux cas de gestion déloyale de patrimoines d'autrui sans lien sociétaire : le tuteur qui dilapide le patrimoine de son pupille, le mandataire qui excède les pouvoirs conférés au préjudice du mandant, ou l'exécuteur testamentaire qui gère de façon malhonnête les biens d'une succession. Le législateur a expressément reconnu cette erreur de classement systématique et a transféré cette figure vers le titre des délits contre le patrimoine, la configurant comme un délit générique applicable à toute relation de gestion, qu'il existe ou non une société commerciale en jeu.
Les trois origines des pouvoirs de gestion
L'article 252 CP identifie trois sources possibles des pouvoirs de gestion dont le dépassement déclenche la responsabilité pénale, point que le Tribunal Suprême a précisé avec clarté :
"...los que teniendo facultades para administrar un patrimonio ajeno, emanadas de la ley, encomendadas por la autoridad o asumidas mediante un negocio jurídico, las infrinjan excediéndose en el ejercicio de las mismas..." (« ...ceux qui, disposant de pouvoirs de gestion d'un patrimoine d'autrui émanant de la loi, confiés par l'autorité ou assumés par un acte juridique, y contreviennent en excédant l'exercice de ces pouvoirs... »)
Tribunal Supremo, Sala de lo Penal, STS 719/2015, de 10 de noviembre de 2015Cette triple voie d'attribution s'avère déterminante pour identifier, dans chaque cas concret, qui peut être auteur du délit : pouvoirs émanant de la loi, comme ceux du tuteur ou du curateur à l'égard du patrimoine de la personne protégée ; pouvoirs confiés par l'autorité, comme ceux de l'administrateur judiciaire ou du dépositaire désigné dans une procédure ; et pouvoirs assumés par acte juridique, comme ceux du mandataire, du mandataire civil ou de l'exécuteur testamentaire. Dans tous les cas, la responsabilité ne dépend pas de la dénomination formelle de la charge, mais de l'existence réelle d'un pouvoir de gestion sur des biens d'autrui.
Tuteurs et curateurs : la gestion du patrimoine de la personne protégée
Le tuteur ou le curateur qui gère le patrimoine d'un mineur ou d'une personne handicapée ayant besoin d'accompagnement peut se rendre coupable de gestion déloyale lorsqu'il dispose de ses biens ou revenus à son propre profit ou à celui de tiers, ou lorsqu'il adopte des décisions de gestion patrimoniale contraires à l'intérêt de la personne protégée en excédant les pouvoirs que lui confère la décision judiciaire instituant la tutelle ou la curatelle. La vulnérabilité particulière de la personne dont le patrimoine est administré, et le contrôle judiciaire périodique auquel ces institutions sont soumises — reddition annuelle des comptes, autorisation judiciaire pour les actes de disposition importants —, constituent tant l'origine habituelle de la notitia criminis que des éléments de preuve de premier ordre dans ces procédures.
Mandataires civils et titulaires de procuration : le dépassement des pouvoirs conférés
Celui qui reçoit une procuration notariée générale ou un mandat pour gérer des biens, des comptes bancaires ou des placements d'un tiers — situation fréquente entre proches, en particulier à l'égard de personnes âgées — peut se rendre coupable de gestion déloyale lorsqu'il dispose de ces fonds à des fins étrangères au mandat conféré, ou lorsqu'il effectue des opérations qui excèdent manifestement le cadre de représentation accordé. La délimitation exacte du contenu de la procuration ou du mandat — quels pouvoirs ont été expressément conférés et lesquels ne l'ont pas été — constitue le premier objet de preuve dans ces procédures, et détermine si le comportement contesté demeure dans les limites d'une gestion discutable mais licite ou si, au contraire, il excède le cadre de représentation au point de revêtir une pertinence pénale.
Exécuteurs testamentaires et administrateurs de copropriétés
L'exécuteur testamentaire chargé de gérer et de liquider une succession, ou l'administrateur d'une copropriété qui gère les fonds communs, sont également soumis au régime de l'article 252 CP lorsque, dans l'exercice de leurs fonctions, ils disposent des biens administrés d'une manière contraire à l'intérêt des héritiers ou de la copropriété, causant un préjudice patrimonial évaluable. S'agissant des copropriétés, la pratique judiciaire enregistre avec une certaine fréquence des procédures pour gestion déloyale liées à la passation de contrats de travaux ou de services dans des conditions manifestement préjudiciables à la copropriété, ou au détournement de fonds destinés aux appels de fonds ou au fonds de réserve vers des finalités étrangères à leur destination légale.
Notre stratégie
- Délimitation exacte des pouvoirs conférés : nous analysons avec précision le titre habilitant — décision judiciaire, procuration notariée, testament, statuts de la copropriété — pour déterminer si le comportement contesté a réellement excédé les limites de la gestion conférée.
- Application de la règle du jugement d'affaires (business judgment rule) : nous établissons, lorsque cela est possible, que les décisions de gestion répondaient à un critère raisonnable et ne dissimulaient pas un avantage personnel de l'administrateur.
- Frontière avec l'abus de confiance : nous déterminons si la disposition contestée a entraîné une perte patrimoniale définitive ou un simple usage abusif, avec une incidence directe sur la qualification juridique et sur la peine applicable.
- Représentation du patrimoine lésé : nous formulons la plainte ou la constitution de partie civile en représentation de la personne protégée, du mandant, des héritiers ou de la copropriété affectée.
Êtes-vous tuteur, mandataire, exécuteur testamentaire ou administrateur mis en cause pour avoir géré déloyalement un patrimoine d'autrui, ou représentez-vous la personne ou l'entité lésée par ce comportement ? Le délit de gestion déloyale s'étend aujourd'hui à toute relation de confiance patrimoniale, au-delà du domaine sociétaire. Chez RAKH ABOGADOS, nous combinons rigueur juridique et expertise comptable pour défendre vos intérêts dans toute l'Espagne.