Rakh Abogados
Rakh Abogados Inherited Talent
Étatique, régionale, forale et locale

Fraude fiscale devant les quatre administrations (Haciendas) à Marbella

Texte

Délit contre le Trésor public : fraude fiscale étatique ou régionale

Au-delà du cadre général du délit fiscal que nous développons déjà dans notre contenu spécifique sur l'article 305 CP, cette figure présente une singularité structurelle exigeant un traitement propre : un même type pénal protège jusqu'à quatre sujets passifs distincts — la Hacienda (l'administration fiscale espagnole) étatique, régionale (autonómica), forale et locale —, chacun avec sa propre procédure de contrôle, son propre circuit de transmission du dossier à la voie pénale et, dans le cas des territoires foraux, sa propre compétence normative exclusive. Chez RAKH ABOGADOS, nous coordonnons la défense dans ces procédures avec une parfaite connaissance des particularités de chaque administration fiscale concernée.

Un seul type pénal, quatre administrations : le calcul indépendant de la quote-part

L'article 305.1 CP punit quiconque fraude le Trésor public « estatal, autonómica, foral o local » (étatique, régionale, forale ou locale), en éludant le paiement d'impôts, de sommes retenues ou d'acomptes, ou en bénéficiant indûment de remboursements ou d'avantages fiscaux, dès lors que la quote-part fraudée excède 120 000 euros. Ce seuil se calcule de manière strictement indépendante pour chaque impôt, pour chaque période d'imposition et pour chaque administration concernée : il n'est pas possible d'additionner la quote-part éludée au titre de l'IRPF (impôt sur le revenu) étatique avec celle correspondant à un impôt cédé à la Communauté autonome, ni celle d'un exercice avec celle d'un autre. Cette règle de calcul séparé constitue, fréquemment, la première ligne de défense technique : lorsque l'inspection attribue à un même redevable des fraudes dispersées entre différentes figures fiscales et différentes administrations, il convient de vérifier rigoureusement que chacune d'elles, considérée individuellement, dépasse réellement le seuil pénal, sans qu'une addition globale artificielle puisse atteindre le chiffre délictuel.

La singularité du régime foral : Pays basque et Navarre

Les territoires historiques du Pays basque, en vertu du Concierto Económico (le régime de convention économique reconnaissant l'autonomie fiscale des territoires basques), et la Communauté forale de Navarre, en vertu du Convenio Económico (le régime équivalent applicable à la Navarre), détiennent une compétence normative et de gestion exclusive sur une grande partie des impôts qui, dans le reste de l'Espagne, relèvent de l'État, y compris l'IRPF et l'impôt sur les sociétés. Il en résulte que ce sont les Haciendas Forales respectives — les Diputaciones Forales d'Álava, du Guipúzcoa et de Biscaye, ainsi que la Hacienda Foral de Navarre — qui instruisent le dossier administratif, apprécient les indices de délit et transmettent les actes au ministère public ou exercent directement l'action pénale par le biais de leur propre représentation en justice, selon des procédures internes et des délais pouvant différer sensiblement de ceux de l'Agencia Estatal de Administración Tributaria (l'administration fiscale de l'État). Connaître ces particularités forales est indispensable pour la défense lorsque le redevable exerce une activité économique sur ces territoires.

La « liquidation liée au délit » : l'art. 305.5 CP et la réforme de 2015

La réforme opérée par la Loi organique 7/2012 et développée par la Loi 34/2015 modifiant la Loi générale relative aux impôts (Ley General Tributaria) a introduit un mécanisme d'une portée pratique incontestable : lorsque l'administration fiscale relève des indices de délit, elle peut liquider séparément, d'une part, les éléments et montants non liés au délit potentiel — qui suivent la procédure administrative ordinaire, avec son propre régime de recours — et, d'autre part, ceux qui y sont liés, dont le traitement suit la réglementation fiscale spécifique, sans préjudice de son adaptation finale à l'issue de la procédure pénale. Cette « liquidation liée au délit » permet en outre à l'administration de poursuivre l'action de recouvrement de la dette fiscale malgré la procédure pénale en cours, sauf si le juge, d'office ou à la demande d'une partie, décide, par une décision motivée, de suspendre les actes d'exécution, après constitution d'une garantie suffisante. Coordonner la défense pénale avec la contestation administrative de cette liquidation parallèle exige une stratégie procédurale unifiée que nous mettons en œuvre dès le premier instant.

La responsabilité civile et le concours de l'administration fiscale

L'article 305.7 CP prévoit que, pour l'exécution de la peine d'amende et de la responsabilité civile découlant du délit — qui comprend le montant de la dette fiscale non liquidée pour cause de prescription ou pour toute autre cause, y compris les intérêts de retard —, les juges et tribunaux sollicitent le concours des services de l'administration fiscale concernée, qui l'exigera par la procédure administrative de contrainte conformément à la Ley General Tributaria. Cette disposition, combinée à la possibilité de suspendre l'exécution de la peine au vu d'un rapport patrimonial établi avec l'intervention de la représentation en justice de la Hacienda concernée — qui peut inclure une proposition d'échelonnement du paiement —, ouvre une voie de négociation patrimoniale que nous intégrons dans la stratégie globale de défense lorsque la situation économique du client le justifie.

Concours d'administrations et coordination procédurale

Il n'est pas rare que des mêmes faits — la dissimulation de revenus d'une activité économique, par exemple — engendrent simultanément une responsabilité envers la Hacienda étatique, au titre de l'IRPF ou de l'impôt sur les sociétés, et envers la Hacienda régionale ou locale, au titre d'impôts cédés ou propres à celles-ci. Lorsque plusieurs administrations sont concernées par les mêmes faits, chacune d'elles peut se constituer partie de manière indépendante dans la procédure pénale, avec sa propre représentation en justice et sa propre prétention de responsabilité civile, ce qui exige de la défense une stratégie capable de répondre de manière coordonnée à tous les fronts ouverts, en évitant les contradictions entre la position soutenue devant chaque administration.

Notre stratégie de défense

  • Vérification du calcul indépendant : nous vérifions, impôt par impôt, période par période et administration par administration, que la quote-part dépasse effectivement le seuil de 120 000 euros exigé par le texte pénal.
  • Contestation coordonnée de la liquidation liée au délit : nous articulons la défense pénale avec les recours administratifs disponibles face à la liquidation séparée pratiquée par l'administration fiscale.
  • Négociation patrimoniale : nous évaluons, lorsque cela est avantageux pour le client, les voies d'échelonnement et de suspension de l'exécution de la peine liées à la reconnaissance de la dette fiscale.
  • Connaissance du régime foral : nous appliquons notre connaissance spécifique du Concierto Económico basque et du Convenio navarrais lorsque l'activité économique du client se déroule sur ces territoires.

Faites-vous face à une procédure pour délit fiscal concernant la Hacienda étatique, régionale, forale ou locale, ou plusieurs d'entre elles simultanément ? La bonne coordination entre toutes les administrations concernées se révèle déterminante. Chez RAKH ABOGADOS, nous combinons rigueur technique et connaissance spécifique de chaque régime fiscal pour défendre votre patrimoine sur l'ensemble du territoire espagnol.

Consultation initiale