Alcoolémie et Infractions Routières à Marbella
Délits routiers : alcoolémie, excès de vitesse et conduite sans permis
Au-delà du panorama général que nous proposons dans notre contenu sur les délits de droit commun, la défense technique face aux délits contre la sécurité routière se décide, dans l'immense majorité des cas, dans le détail : la marge d'erreur de l'éthylomètre, le respect exact du protocole de la double mesure, ou la distinction entre les deux comportements qui coexistent à l'article 384 CP. Chez RAKH ABOGADOS, nous soumettons chaque procès-verbal à un contrôle technique exhaustif, car c'est précisément là, dans les petits caractères de la procédure, que se décide le plus souvent l'issue de ces affaires.
La marge d'erreur de l'éthylomètre et la technique de l'arrondi
L'arrêté (Orden) ICT/155/2020, qui régit le contrôle métrologique de l'État sur les éthylomètres, fixe une marge d'erreur de 7,5 % pour les concentrations d'alcool dans l'air expiré supérieures à 0,40 mg/l. Le Tribunal Supremo (la Cour suprême espagnole) a confirmé, dans une décision récente d'une portée pratique indéniable, comment cette marge doit être appliquée :
"...la valeur de 0,65 mg/l, une fois la marge de correction appliquée, se réduit à 0,60142 mg/l... ce résultat doit être exprimé avec deux décimales et toujours arrondi vers le bas, ce qui donne 0,60 mg/l."
Tribunal Supremo, Chambre pénale, STS 1974/2025, du 7 mai 2025N'atteignant pas le seuil pénal de 0,60 mg/l après application de la marge d'erreur et de l'arrondi en faveur du prévenu, un taux qui semblait dépasser la limite délictuelle peut se révéler, correctement calculé, non constitutif d'infraction. Cette opération arithmétique — déduire 7,5 % de la mesure obtenue et arrondir le résultat à deux décimales, toujours vers le bas — constitue l'un de nos outils de défense les plus efficaces, et nous vérifions son application correcte dans chaque procès-verbal qui arrive à notre cabinet, que le Ministère public lui-même en ait tenu compte ou non lors de la formulation de l'accusation.
La double mesure comme garantie : le refus de la seconde épreuve
Le protocole réglementaire exige la réalisation de deux mesures au moyen d'un éthylomètre de précision homologué, séparées par un intervalle minimal de dix minutes, garantie tant pour la personne mise en cause — qui peut ainsi contrôler le résultat initial — que pour le système lui-même, destinée à éviter des interférences telles que des résidus d'alcool dans la bouche. L'assemblée plénière de la deuxième chambre du Tribunal Supremo a tranché une question longuement débattue :
"...deux mesures d'alcoolémie doivent être considérées comme deux phases d'une seule et même épreuve, et la seconde mesure est obligatoire et non facultative."
Tribunal Supremo, Assemblée plénière de la Chambre pénale, STS 210/2017, du 28 mars 2017En conséquence, le refus de se soumettre à la seconde mesure constitue à lui seul le délit de l'article 383 CP, même lorsque la personne mise en cause s'est déjà soumise volontairement à la première. Le Tribunal Supremo lui-même a néanmoins reconnu, dans l'opinion dissidente de cette décision, que le refus des deux épreuves revêt une gravité supérieure au refus portant exclusivement sur la seconde, nuance que nous faisons valoir dans l'individualisation de la peine lorsque le client a bien coopéré à la première mesure.
Les seuils de taux : la frontière entre l'administratif et le pénal
L'ordre juridique distingue trois niveaux de taux d'alcoolémie aux conséquences juridiques très différentes : en dessous de 0,25 mg/l dans l'air expiré, il n'existe aucune infraction ; entre 0,25 et 0,60 mg/l — 0,15 mg/l pour les conducteurs professionnels ou novices — le comportement constitue une infraction purement administrative sanctionnée par la Dirección General de Tráfico (l'administration espagnole chargée de la sécurité routière et de la gestion du permis à points) ; et à partir de 0,60 mg/l s'ouvre la voie pénale de l'article 379.2 CP, soit de manière objective par le dépassement de ce seuil, soit par l'établissement d'une influence réelle sur la conduite avec des taux inférieurs. L'instruction récente de la Fiscalía de Sala Coordinadora de Seguridad Vial (le parquet coordinateur pour la sécurité routière) a par ailleurs précisé que, après déduction de la marge d'erreur métrologique, l'instruction pour délit ne doit être ouverte que lorsque les deux mesures réglementaires dépassent 0,65 mg/l, chiffre de référence pratique qu'il convient de garder à l'esprit pour apprécier la viabilité d'une défense technique fondée sur la marge d'erreur.
Les deux comportements de l'art. 384 CP : une distinction lourde de conséquences
L'article 384 CP réprime en réalité deux comportements de nature distincte sous un même précepte : conduire un véhicule à moteur sans avoir jamais obtenu le permis ou la licence de conduire correspondant, et conduire après en avoir perdu la validité pour perte totale des points légalement attribués. Bien qu'ils partagent la même peine — emprisonnement de trois à six mois ou amende de douze à vingt-quatre mois, et travaux d'intérêt général —, le reproche et la preuve exigible diffèrent substantiellement : dans le premier cas, il suffit d'établir l'absence totale d'habilitation administrative à conduire ; dans le second, il est nécessaire de prouver que la personne mise en cause avait connaissance de la perte de validité de son permis du fait de la perte de la totalité de ses points, élément qui exige la notification certaine de cette circonstance et qui constitue, lorsque cette notification s'avère défectueuse ou inexistante, l'un de nos axes de défense les plus efficaces face à ce second cas de figure.
Les voies permettant de conserver le permis de conduire
Lorsque la voie de l'acquittement n'est pas raisonnablement envisageable, nous travaillons activement les alternatives permettant de réduire l'impact de la peine de privation du droit de conduire, obligatoire en vertu de l'article 379 CP pour une durée d'un à quatre ans : la reconnaissance des faits dans le cadre du juicio rápido (procédure pénale accélérée espagnole applicable aux délits simples et flagrants), qui permet une réduction d'un tiers de la peine en vertu de l'article 801 de la loi de procédure criminelle (LECrim) ; la substitution de la peine d'emprisonnement de courte durée par des travaux d'intérêt général ; et, dans les cas où cela est possible, l'appréciation des circonstances personnelles et professionnelles du client susceptibles d'influer sur l'individualisation de la peine dans le cadre légal. Le Tribunal Supremo a par ailleurs précisé, dans une décision récente, que la peine de privation du droit de conduire doit être exécutée de manière continue et ininterrompue, sans possibilité de fractionnement, élément qu'il convient de connaître lors de l'élaboration de la stratégie procédurale la plus adaptée à chaque client.
Notre stratégie de défense
- Audit technique du procès-verbal : nous vérifions le respect de la marge d'erreur de 7,5 %, la bonne technique de l'arrondi et le respect de l'intervalle de dix minutes entre les deux mesures.
- Contrôle de l'étalonnage de l'éthylomètre : nous exigeons la preuve documentaire de la vérification périodique de l'instrument de mesure conformément à l'arrêté ICT/155/2020.
- Contestation spécifique de l'art. 384 CP : dans les cas de perte de validité pour perte de points, nous vérifions la notification administrative correcte de cette circonstance à la personne mise en cause.
- Voie de la reconnaissance des faits et substitution de la peine : nous évaluons dans chaque affaire la stratégie procédurale qui minimise l'impact sur la liberté et sur le permis de conduire du client.
Avez-vous été positif à un contrôle d'alcoolémie, avez-vous été accusé d'excès de vitesse ou de conduite sans le permis correspondant ? L'analyse technique du procès-verbal et des marges d'erreur peut faire toute la différence entre la condamnation et l'acquittement. Chez RAKH ABOGADOS, nous défendons votre liberté et votre permis de conduire avec rigueur technique dans toute l'Espagne.
Questions fréquentes, glossaire et comparatifs
Questions fréquentes
À partir de quel taux d'alcoolémie passe-t-on d'une sanction administrative à un délit pénal ?
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