Marbella : Faux documentaire
Avocats en matière de faux et délit de falsification
Chez RAKH ABOGADOS, nous offrons une défense technique spécialisée face aux délits de faux documentaire, l'une des figures du Code pénal au plus grand technicisme dogmatique et, en même temps, à la présence instrumentale la plus fréquente dans les procédures de droit pénal économique : rares sont les affaires d'escroquerie, de délit de droit des sociétés, de blanchiment ou de fraude fiscale dans lesquelles l'accusation ne formule pas, aux côtés de l'infraction principale, un chef d'accusation de faux documentaire. Nous assumons cette défense selon un principe dont nous ne nous départissons pas : l'avocat, docteur en droit pénal, étudie personnellement chaque document contesté avant de fixer la stratégie, cette analyse étant celle qui détermine fréquemment si la conduite est pénalement pertinente.
Configuration du délit et modalités (art. 390 CP)
L'article 390 CP, disposition matricielle de tous les faux documentaires, décrit quatre conduites typiques : altérer un document dans l'un de ses éléments ou de ses conditions essentielles ; simuler un document en tout ou en partie de manière à induire en erreur sur son authenticité ; supposer dans un acte l'intervention de personnes qui n'y ont pas participé, ou attribuer à celles qui y sont intervenues des déclarations différentes de celles qu'elles ont réellement faites ; et s'écarter de la vérité dans le récit des faits — ce que l'on appelle la fausseté idéologique (faux intellectuel). Ce dernier cas de figure, toutefois, ne s'applique que lorsque l'auteur est une autorité ou un fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions, avec une peine de prison de trois à six ans et une interdiction spéciale d'exercice de deux à six ans.
La dépénalisation de la fausseté idéologique commise par des particuliers (art. 392 CP)
L'article 392 CP sanctionne le particulier qui commet, dans un document public, officiel ou commercial, l'une des falsifications décrites dans les trois premiers alinéas de l'article 390.1 CP, en excluant expressément la quatrième modalité. Cette exclusion — l'une des décisions de politique criminelle les plus importantes du Code de 1995 — constitue l'un de nos principaux axes de défense : le particulier qui rédige un document et s'y écarte de la vérité, sans altérer matériellement le support ni en simuler l'authenticité, ne commet pas de délit de faux documentaire, aussi condamnable que puisse paraître sa conduite sous d'autres aspects.
Factures et contrats mensongers : la nouvelle doctrine du Tribunal Supremo
La jurisprudence admettait néanmoins qu'un contrat ou une facture documentant une opération économique inexistante puisse être qualifié de « simulation » au sens de l'article 390.1.2º CP, et donc également répréhensible pour le particulier. Cette interprétation a été corrigée par une décision récente qui marque un tournant dans la défense des dirigeants et des chefs d'entreprise face à ce type d'accusations :
« ...un contrat mensonger ou simulé, ou une facture mensongère, ne constituent pas le délit de faux par simulation. »
Tribunal Supremo, Chambre criminelle, arrêt STS 298/2024, du 8 avril 2024Cette doctrine, confirmée quelques mois plus tard par l'arrêt STS 1033/2024, du 14 novembre, distingue avec précision entre le document qui est faux dans son support ou dans son authenticité — pénalement pertinent — et le document authentique qui se borne à consigner une déclaration mensongère ou une opération ne correspondant pas à la réalité économique — pénalement non pertinent pour le particulier, sans préjudice de sa sanction éventuelle par d'autres voies, comme le délit fiscal ou le délit comptable. Son application se révèle déterminante dans les procédures pour facturation irrégulière, contrats simulés entre sociétés liées ou certifications d'accords sociaux non formellement tenus, hypothèses dans lesquelles nous travaillons de manière systématique à la requalification des faits.
L'interprétation restrictive du « document commercial »
Tout document lié à une opération commerciale ne mérite pas la protection renforcée de l'article 392 CP. Le Tribunal Supremo a précisé que le bien juridique protégé par cette disposition n'est pas individuel, mais collectif — la sécurité du trafic juridico-commercial — et qu'en conséquence, seuls les documents qui, de par leur fonction, engendrent une confiance qualifiée vis-à-vis des tiers peuvent fonder ce type aggravé, le reste des documents commerciaux demeurant sous la protection plus limitée de l'article 395 CP relatif aux documents privés. Cette distinction, avec une incidence directe sur la peine applicable, constitue un autre axe technique de notre défense.
Le dolo falsario (intention frauduleuse spécifique consistant à vouloir faire passer un document altéré ou simulé pour authentique) comme élément subjectif déterminant
Toutes les modalités de faux documentaire exigent, outre l'élément objectif de l'altération de la vérité, le dolo falsario : la conscience et la volonté que le document altéré ou simulé produise des effets comme s'il était authentique dans le trafic juridique, alors qu'il ne l'est pas. L'absence de cette finalité — par exemple, lorsque l'altération est dépourvue de portée pour l'efficacité du document, ou lorsque le bien juridique protégé n'a pas été réellement mis en danger — exclut la typicité, un point que la jurisprudence la plus récente exige d'apprécier au cas par cas et auquel nous prêtons une attention particulière lorsque l'altération contestée se révèle accessoire ou sans incidence sur la fonction probatoire du document.
Faux en document privé (art. 395 CP)
Lorsque le document falsifié revêt un caractère privé, c'est l'article 395 CP qui s'applique, lequel exige une condition supplémentaire absente de l'article 392 CP : que le faux soit commis dans le but spécifique de nuire à autrui. La peine est en outre sensiblement inférieure — prison de six mois à deux ans —, ce qui rend particulièrement importante la qualification correcte du document comme public, officiel, commercial ou privé, question qui constitue en pratique l'un des premiers fronts de discussion technique dans toute procédure pour faux.
Notre stratégie de défense
- Requalification de la conduite en fausseté idéologique atypique : nous établissons, lorsque cela est possible, que la conduite contestée consiste à s'écarter de la vérité sur un document authentique, sans altération matérielle ni simulation, et par conséquent atypique conformément à la doctrine de l'arrêt STS 298/2024.
- Contestation de la nature du document : nous soumettons à la contradiction la qualification de document commercial par opposition à document privé, avec une répercussion directe sur la peine applicable.
- Contestation du dolo falsario : nous établissons l'absence de finalité tendant à ce que le document produise des effets comme authentique, ou le caractère non pertinent de l'altération pour sa fonction probatoire.
- Coordination avec l'infraction instrumentalisée : lorsque le faux est imputé comme moyen au service d'une autre infraction — escroquerie, délit de droit des sociétés, fraude fiscale —, nous analysons le concours de normes et d'infractions applicable afin d'éviter une double sanction indue.
Avez-vous été accusé de faux documentaire, ou faites-vous face à une mise en cause pour des factures, des contrats ou des attestations que l'accusation qualifie de faux ? La récente doctrine du Tribunal Supremo a ouvert des voies de défense auparavant inexistantes. Chez RAKH ABOGADOS, nous analysons chaque document avec la rigueur technique que cette matière exige, dans toute l'Espagne.
Questions fréquentes, glossaire et comparatifs
Questions fréquentes
Le fait, pour un particulier, de rédiger un contrat ou une facture faux ne reflétant pas l'opération réelle, constitue-t-il un délit ?
Voir la réponse dans la Foire aux questions →Glossaire
Dolo falsario
Conscience et volonté qu'un document altéré ou simulé produise des effets comme s'il était authentique dans le trafic juridique, alors qu'il ne l'est pas réellement ; élément subjectif exigé dans les délits de faux documentaire.
Voir dans le Glossaire →