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La conformidad pénale après la réforme de 2025

Quels articles de la LECrim changent et comment contester un jugement rendu au titre de l'art. 801

La conformidad pénale après la réforme de 2025

Résumé : la Loi organique 1/2025, du 2 janvier, portant mesures relatives à l'efficacité du service public de la justice (BOE-A-2025-76) a réorganisé le régime de la conformidad (la procédure espagnole par laquelle la personne poursuivie reconnaît les faits et accepte la peine proposée par l'accusation, sous contrôle judiciaire — proche, sans lui être identique, de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité française) dans la Loi de procédure pénale (LECrim). L'ancien article 787 se divise désormais en trois dispositions (787, 787 bis et 787 ter), l'audition de la victime avant l'acceptation de la conformidad est renforcée, et cette institution est reliée à la nouvelle justice restaurative. L'article 801, qui régit la conformidad dans le cadre des diligencias urgentes (la procédure de jugement rapide applicable aux affaires simples et flagrantes), hérite automatiquement de ce régime en raison de son renvoi exprès à l'article 787. Et lorsque cette conformidad a été prêtée sans que l'intéressé ait réellement compris ce qu'il acceptait — par exemple, en raison d'un défaut d'interprétation —, la jurisprudence du Tribunal Supremo confirme que la voie correcte n'est pas le pourvoi en révision, mais l'incidente de nulidad de actuaciones (l'incident exceptionnel de nullité des actes de procédure) de l'art. 241 LOPJ.

Quelle loi a modifié la conformidad en 2025 ?

La LO 1/2025, du 2 janvier, portant mesures relatives à l'efficacité du service public de la justice. Il s'agit de la même norme qui réorganise les juzgados (tribunaux) en Tribunales de Instancia (nouveaux tribunaux de première instance unifiés) et qui introduit les MASC (moyens adéquats de résolution des conflits) comme condition de recevabilité en matière civile ; son impact sur la LECrim se concentre sur la conformidad, la justice restaurative et la généralisation de la comparution par voie télématique (nouvel art. 258 bis).

Quels articles précisément ont changé ?

AvantDésormaisContenu
Art. 787 (al. 1 à 8, regroupés)Art. 787Uniquement la présence obligatoire de l'accusé et de son avocat, la non-comparution et la lecture des actes d'accusation/de défense
Art. 787 bis (nouveau)Représentation de la personne morale poursuivie lors du procès
Art. 787 ter (nouveau)Régime complet de la conformidad dans la procédure abrégée (procedimiento abreviado) : demande, contrôle judiciaire, mise en demeure de l'accusation, information de l'accusé, conformidad des personnes morales, possibilité de recours
Art. 655 (sans disposition relative à la victime)Art. 655.2 (nouveau)Obligation pour le ministère public d'entendre au préalable la victime ou la partie lésée avant la conformidad
Art. 801Art. 801 (texte inchangé)Continue de renvoyer à l'art. 787 pour le « contrôle de la conformidad » — c'est pourquoi il absorbe automatiquement tout le nouvel art. 787 ter

Comment peut-on attaquer un jugement de conformidad rendu au titre de l'article 801 ?

La clé se trouve à l'art. 787 ter.7, applicable aux conformidades de l'art. 801 par renvoi :

« Únicamente serán recurribles las sentencias de conformidad cuando no hayan respetado los requisitos o términos de la conformidad, sin que la persona acusada pueda impugnar por razones de fondo su conformidad libremente prestada. » (« Ne pourront faire l'objet d'un recours que les jugements de conformidad n'ayant pas respecté les exigences ou les termes de la conformidad, sans que la personne poursuivie puisse contester sur le fond sa conformidad librement prêtée. »)

Lorsque le caractère définitif du jugement a déjà été déclaré oralement lors de la même audience de garde à vue judiciaire, et qu'apparaît ensuite un vice affectant la validité même du consentement — le cas typique étant un défaut d'assistance d'interprète empêchant d'établir que la conformidad a été prêtée « librement et en connaissance de ses conséquences » (art. 787 ter.2) —, la voie à suivre est l'incident exceptionnel de nulidad de actuaciones, régi par l'art. 241.1 LOPJ :

« No se admitirán con carácter general incidentes de nulidad de actuaciones. Sin embargo, excepcionalmente, quienes sean parte legítima o hubieran debido serlo podrán pedir por escrito que se declare la nulidad de actuaciones fundada en cualquier vulneración de un derecho fundamental de los referidos en el artículo 53.2 de la Constitución, siempre que no haya podido denunciarse antes de recaer resolución que ponga fin al proceso y siempre que dicha resolución no sea susceptible de recurso ordinario ni extraordinario » (« Les incidents de nullité des actes de procédure ne seront pas admis à titre général. Toutefois, à titre exceptionnel, ceux qui sont partie légitime ou auraient dû l'être pourront demander par écrit que soit déclarée la nullité des actes de procédure fondée sur toute violation d'un droit fondamental visé à l'article 53.2 de la Constitution, à condition qu'elle n'ait pu être dénoncée avant qu'intervienne la décision mettant fin à la procédure et que cette décision ne soit susceptible d'aucun recours ordinaire ni extraordinaire. »)

« Será competente para conocer de este incidente el mismo juzgado o tribunal que dictó la resolución que hubiere adquirido firmeza. El plazo para pedir la nulidad será de 20 días, desde la notificación de la resolución o, en todo caso, desde que se tuvo conocimiento del defecto causante de indefensión, sin que, en este último caso, pueda solicitarse la nulidad de actuaciones después de transcurridos cinco años desde la notificación de la resolución. » (« Sera compétent pour connaître de cet incident le même juzgado ou tribunal qui a rendu la décision devenue définitive. Le délai pour demander la nullité sera de 20 jours à compter de la notification de la décision ou, en tout état de cause, à compter du moment où le vice à l'origine de l'atteinte au droit de la défense a été connu, sans que, dans ce dernier cas, la nullité des actes de procédure puisse être demandée après un délai de cinq ans à compter de la notification de la décision. »)

Art. 241.1 LOPJ

Confirmation du Tribunal Supremo : la nullité des actes de procédure, et non la révision, est la voie correcte

Il ne s'agit pas d'une interprétation doctrinale isolée. Le Tribunal Supremo l'a affirmé de manière quasiment littérale dans une affaire présentant le même schéma factuel :

ATS 1409/2024, Chambre pénale, 1er février 2024 (Roj : ATS 1409/2024 — ECLI:ES:TS:2024:1409A, rapporteur Javier Hernández García)

Une personne condamnée par un jugement de conformidad rendu dans le cadre de diligencias urgentes (Juzgado de Instrucción n° 4 d'Algésiras, Juicio Rápido 151/2023) a sollicité l'autorisation de former un pourvoi en révision en alléguant qu'elle « avait prêté sa conformidad aux faits, à la qualification et à la peine requise par le ministère public sans disposer d'un interprète de langue allemande et sans connaître la langue espagnole ». Le Tribunal Supremo refuse la révision et affirme expressément :

« En el presente caso, el recurrente disponía, frente a la vulneración de la garantía constitucional que se describe, de varias vías correctoras el incidente de nulidad de actuaciones y, en su caso, el recurso de amparo, sin que conste que las activara, resultando la vía de la revisión que se pretende abrir improcedente por carecer de fundamento causal. » (« En l'espèce, le demandeur disposait, face à la violation de la garantie constitutionnelle décrite, de plusieurs voies de rectification — l'incident de nullité des actes de procédure et, le cas échéant, le recurso de amparo (recours en protection des droits fondamentaux devant le Tribunal Constitucional) —, sans qu'il apparaisse qu'il les ait mises en œuvre, la voie de la révision qu'il entend ouvrir se révélant irrecevable faute de fondement causal. »)

ATS 1409/2024, considérant unique

C'est la confirmation exacte que, face à un défaut d'interprète viciant le consentement dans une conformidad de l'art. 801, la voie que la loi et la jurisprudence réservent est l'incident de nulidad de actuaciones (et, subsidiairement, le recurso de amparo) — et non le pourvoi en révision.

ATS 281/2026, Chambre pénale, 15 janvier 2026 (Roj : ATS 281/2026 — ECLI:ES:TS:2026:281A, rapporteur Manuel Marchena Gómez)

Confirme la même logique selon un schéma quasi identique : un ressortissant australien anglophone, condamné par conformidad lors d'un juicio rápido (art. 801) pour agression sexuelle, a allégué que ni l'acte d'accusation ni le jugement ne lui avaient été traduits et que l'assistance d'un interprète ne s'était pas prolongée jusqu'à l'audience judiciaire. Le Tribunal Supremo refuse également ici la révision, rappelant que l'art. 787.7 LECrim exige le respect des « exigences et termes de la conformidad » et que « le pourvoi en révision ne saurait accueillir le repentir d'une conformidad prêtée ». Cette décision vaut avertissement de ce qu'il ne faut pas faire : tenter la voie de la révision plutôt que celle de la nulidad de actuaciones expose à un rejet quasi automatique.

ATS 13014/2019, Chambre pénale, 14 novembre 2019 (ECLI:ES:TS:2019:13014A, rapporteur Julián Sánchez Melgar)

En tranchant un pourvoi en cassation, cette décision rappelle l'origine historique de cette règle : déjà avant que la Loi organique 15/2003 n'introduise l'actuel alinéa 7 de l'art. 787, le Tribunal Supremo admettait de contester la conformidad « lorsqu'est allégué un vice du consentement rendant la conformidad inefficace » (citant les arrêts du 23 octobre 1975 et du 8 février 1984). Autrement dit : le défaut de consentement éclairé n'est pas une construction nouvelle, mais le fondement historique sur lequel repose l'exception de recours aujourd'hui codifiée à l'art. 787 ter.7.

STC 205/2009, du 23 novembre

En accordant le recurso de amparo pour non-respect des termes d'une conformidad (condamnation à une peine supérieure à celle convenue), cette décision confirme en outre que l'épuisement de la voie judiciaire préalable au recurso de amparo exige l'utilisation de l'incident de nullité de l'art. 241 LOPJ.

STC 55/2015, du 16 mars

Apporte la nuance qu'il convient de manier avec rigueur dans la rédaction du mémoire : un vice de procédure ou de documentation n'engendre la nullité que s'il produit une atteinte réelle et effective au droit de la défense, et non une atteinte purement formelle. Cela signifie que, dans l'incident de nullité, il ne suffit pas de signaler qu'il manque une trace de la signature ou du consentement éclairé ; il faut établir que ce vice a véritablement empêché l'accusé de comprendre ce qu'il acceptait.

Questions fréquentes

Peut-on contester un jugement de conformidad rendu au titre de l'art. 801 pour la seule raison que l'on n'est pas d'accord avec la peine ?

Non. L'art. 787 ter.7 exclut la contestation pour des motifs de fond lorsque la conformidad a été librement prêtée.

Que se passe-t-il si le jugement de conformidad a déjà été déclaré définitif lors de la même audience de garde à vue judiciaire ?

La voie ordinaire de l'appel n'est alors plus disponible. Si le vice affecte un droit fondamental — par exemple, un défaut d'interprétation viciant la liberté ou la connaissance de l'accusé —, il convient de recourir à l'incident de nulidad de actuaciones de l'art. 241 LOPJ.

Est-il correct de tenter d'annuler une conformidad viciée par l'absence d'interprète au moyen d'un pourvoi en révision ?

Non, et le Tribunal Supremo l'a dit expressément dans l'ATS 1409/2024 : face à un tel défaut, les « voies de rectification » sont l'incident de nulidad de actuaciones et, le cas échéant, le recurso de amparo — non la révision, qui est réservée aux faits ou preuves survenus concernant la culpabilité, et non aux vices du consentement prêté en son temps.

Suffit-il d'alléguer l'absence de signature de l'accusé sur l'acte de conformidad ?

Non, cela ne suffit pas à lui seul. Conformément à la STC 55/2015, il faut établir une atteinte réelle et effective au droit de la défense — que le vice (d'interprète, de traduction, d'information) a véritablement empêché l'accusé de comprendre et de consentir librement — et non se borner à signaler une irrégularité formelle dans la documentation de l'acte.

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